Introduction :

L’ENA a ouvert en 1945 sous le mandat du Général de Gaulle, dans le but de rendre professionnelle et de démocratiser la haute fonction publique. L’école forme des hauts fonctionnaires en leur transmettant l’éthique du service public, fondée sur des valeurs de responsabilité, de neutralité, de performance et de désintéressement. Cette école se base sur une double dimension: celle de l’expertise de l’action publique, et celle du management public. Dès 1949, l’école a commencé à recevoir des élèves étrangers. Puis, à partir des années 1980, elle a développé sa coopération internationale en signant des accords avec des institutions étrangères. Dès lors, plus de 3.300 élèves étrangers[1] ont fréquenté l’ENA à travers différents cycles internationaux, issus de 127 pays différents. L’ENA entretient aujourd’hui des relations privilégiées avec les administrations étrangères et les écoles de formation de hauts fonctionnaires de plus de 120 pays, répartis sur les 5 continents. Dans l’objectif de renforcer son rayonnement international, le gouvernement a décidé, en 2002, la fusion de l’ENA avec l’Institut international d’administration publique (IIAP). Cet institut avait également été créé par le général De Gaulle en 1966, il avait pour mission de développer la coopération administrative internationale. Aujourd’hui, l’ENA continue la formation des fonctionnaires étrangers dans le cadre de formations courtes, autrefois organisées par l’IIAP, sous le nom de CISAP (Cycles Internationaux Spécialisés d’Administration Publique).

En 1964, la visite de Charles De Gaulle, en Amérique Latine s’inscrit dans la continuité de l’influence du modèle administratif français dans la région. Depuis les indépendances en Amérique latine, de nombreux pays de ce continent se sont inspirés du modèle étatique français (Code civil, Conseil Constitutionnel, Conseil d’État, Régime bi-caméral entre autres). Lors de sa tournée en Amérique latine, sa deuxième destination fût la Colombie. La Déclaration des Droits de l’Homme y a été traduit dès 1792 par Antonio Nariño. Par ailleurs, la Constitution de 1806 de la Colombie s’est directement inspiré des institutions françaises et du Code Napoléonien.Au cours de ce voyage en Colombie, De Gaulle a signé plusieurs accords de coopération entre la France et le continent sud-américain. En 1958, il a même été crée en Colombie une École Supérieure d’Administration Publique (ESAP) sur le modèle de l’ENA, qui a pour vocation de former l’administration colombienne.

La culture française est très présente en Colombie. Le pays dispose de 3 lycées français, lesquels comptent dans les meilleurs lycées du pays. Il existe un réseau de 12 Alliances Françaises dans le pays avec un total 25.000 étudiants (2014). La capitale du pays compte deux centres, et ainsi l’Alliance de Bogota représente la deuxième Alliance Française la plus importante au monde en nombre d’étudiants. Par ailleurs, avec le concours de l’Agence Campus France, de nombreux étudiants colombiens partent chaque années suivre leurs études ou réaliser un échange en France. En 2014, ont comptait 3.300 étudiants colombiens en France, soit le deuxième chiffre le plus élevé de l’Amérique Latine après le Brésil. En effet, les accords entre les deux pays se multiplient: en 2008 la France et la Colombie avaient 26 accords universitaires, et on en compte 130[2] en 2014. L’ambassadeur actuel de la France en Colombie, Jean-Marc Laforêt, est lui même un ancien énarque (Promotion Liberté – égalité – fraternité, 1989). Ces dispositions incitent à faire connaître et à promouvoir les études à l’ENA en Colombie.

La coopération entre l’ENA et la Colombie est très active. Au cours des dernières années plusieurs actions ont été menées:

  • Un accord a été signé avec la Controlatoria de Bogota, le 24 janvier 2014, lequel a permis la réalisation de deux visites d’études en France, l’envoi d’une mission d’expert français en Colombie. Par ailleurs, cette année de nouvelles actions de formation en Colombie devraient avoir lieu.
  • Avec l’ESAP, une visite d’études a été organisée du 13 au 28 octobre 2014 sur le thème: «la conduite du changement dans l’administration et la modernisation de l’État, la gouvernance territoriale, la décentralisation et le développement local, la gouvernance financière».
  • Avec le Departamento Nacional de Planeación (DNP), un programme a été organisé sur le financement de l’Agence Française de Développement (AFD) avec quatre ou cinq missions d’experts organisées en Colombie, ainsi que deux visites d’études en 2013 et 2014.

À travers les profils d’énarques colombiens que nous présentons dans cette brochure, plusieurs ont témoigné de leur intérêt d’étudier à l’ENA pour profiter de la richesse culturelle de la France puis, pour les récentes générations, d’étudier au cœur des institutions européennes. Comme nous le verrons, les énarques colombiens perçoivent l’ENA comme une formidable école dans laquelle ils ont mis en pratique leurs compétences et acquis une solide méthode de travail. Ces deux caractéristiques ont forgé leur identité professionnelle et développé leur capacité de décision dans un contexte de haute pression. Tous gardent un souvenir intense et enrichissant de leur passage à l’ENA et gardent ainsi une relation privilégiée avec les énarques et la France. Avec l’appui de l’Ambassade de France en Colombie et à travers l’Association des Anciens Élèves de l’ENA en Colombie, ces énarques se réunissent plusieurs fois par an.



[1]Source ena.fr



[2]Chiffres ambassade française en Colombie, entrevue avec l’ambassadeur pour El Espectador, du 20 janvier 2014.

 

Le mot de Monsieur l’Ambassadeurde France, Jean Marc Laforêt (promotion Liberté- Égalité - Fraternité, 1989) :

«L’ENA occupe en Colombie une place de choix. D’abord par le nombre élevé de Colombiens et de Colombiennes qui ont fait confiance à l’école pour parfaire leur formation: plus de 60 à ce jour. Cet engouement ne s’est jamais démenti et, chaque année - sauf très rare exception - un ou une nouvelle élève vient ajouter son nom à cette liste déjà longue. J’ai ainsi pu, depuis mon arrivée à Bogota fin 2013, participer à deux reprises au jury de sélection des candidats. Chaque fois, l’expérience a confirmé la qualité des candidatures présentées et le fort intérêt envers l’ENA et notre pays. A leur retour, un grand nombre d’anciens élèves ont souhaité maintenir ce lien en se réunissant au sein d’une association locale particulièrement dynamique. Nombre d’entre eux sont aussi des membres actifs de la vie associative franco-colombienne, exerçant des responsabilités dans plusieurs institutions, comme par exemple l’Alliance française ou le Club Concorde, qui regroupe les anciens étudiants colombiens en France. Ce réseau des anciens élèves de l’ENA constitue un partenaire de tout premier plan. Il assure la promotion de l’école, favorise de riches échanges avec les services de l’ambassadeet contribue de manière importante au renforcement de l’influence de notre pays. L’association entretient ainsi des liens privilégiés avec l’ESAP (Ecole Supérieure d’Administration Publique). En 2015, dernier un pas supplémentaire a été franchi, l’association étant devenue l’opérateur de l’ESAP pour exécuter un programme de coopération avec l’ENA. L’ENA est ainsi une réalité vivante en Colombie. En 2017, nous célébrerons l’Année France-Colombie, qui sera un moment privilégié de la relation entre nos deux pays. Je suis sûr que nous pourrons compter sur les anciens élèves colombiens de l’ENA pour contribuer au succès de cette année.»



Le mot du directeur de l’AEENA Colombie:

(…)

Andrés Castro Forero

Présentation de l’Association des Anciens Élèves de l’ENA en Colombie:

L’Association des Anciens Élèves de la ENA en Colombie (AEENA) fût créée en mars 1997. En 2000, l’association colombienne a rejoint la confédération des associations étrangères d’anciens élèves de l’ENA. La signature a eu lieu en Colombie lors de la visite du président de l’association française (photographies).

- Photographies: signature de l’adhésion de la AEENA en Colombie à la confédération des associations des anciens élèves de la ENA, Bogotá, 26 avril 2000 –



- Photographie: Présentation de la ENA à l’unniversité??? avec (de gauche à droite) Gabriel Perez (directeur de l’université), Arnaud Teyssier (inspecteur général de l’administration en visite à Bogotá) et Andrés Castro (directeur de l’AEENA en Colombie), Bogotá, 2000 -



- Photographie: Présentation de la ENA à l’École Nationale d’Administration Publique en Colombie, Bogotá, 2000 -



Par la suite, elle a été intégrée au sein du CESI (Centro de Estudios Sociales e Internacionales), laquelle intégrait les anciens élèves de la ENA, ainsi que de manière plus générale tous les étudiants en Sciences Sociales. Cette association était dirigée par les énarques et soutenue par l’ambassade française en Colombie. Durant cette période, l’association a soutenue le gouvernement Pastrana dans le processus de paix à travers un projet de formation des gouvernants colombiens en France.

En 2002, suite à des problèmes d’administration du CESI, l’organisation a été dissoute. C’est ainsi qu’en 2003, l’Association des Anciens Élèves de la ENA a été créée de nouveau.

L’association à connu un renouveau à partir de 2008, suite à la publication d’un numéro spécial Colombie de Hors les murs coordonnée par William Zambrano (membre du conseil d’État Colombien) et Camilo Granada (directeur de l’AEENA).



Aujourd’hui, l’association cherche à se positionner de manière plus importante en Colombie. Elle compte sur les anciens élèves aux postes importants pour promouvoir l’école en Colombie.

Quelques données sur les énarques colombiens:



Graphiques:

1. Comment ont-ils appris le français?



2. Quelles études?



3. Vie publique ou secteur privé?



Nuage de Mots Clés:

- Humberto GALLEGO GAMBOA -

 

Promotion SAINT-JUST (cycle long, 1962 – 1963)

Aujourd’hui retraité, il est le premier Colombien à être allé étudier à l’ENA. Il a fait carrière dans l’‘administration locale, puis dans la diplomatie. Il a également été professeur dans de nombreuses universités colombiennes tout au long de sa vie professionnelle.

Ses études :

  • 1969 – 1972 : Cours pour l’obtention du P.H .D. en économie à l’université Vanderbilt de Nashville, Tennessee, Etats-Unis.
  • 1963 – 1964 : Second cycle à l’Institut d’Études pour le Développement Économique et Social (I.E.D.E.S) de la Sorbonne à Paris.
  • 1962 – 1963 : cycle pour les fonctionnaires étrangers de l’ENA.
  • 1959 : cycles pour les fonctionnaires latinos américains de l’Institut Brésilien d’Administration Municipale (I.B.A.M.), Brésil.
  • 1949 – 1954 : études de Droit à la Faculté de Droit de l’université de Caldas, Manizales, Colombie. Premier diplômé de la Faculté en 1956.

 

Son parcours professionnel :

Expérience d’enseignement:

  • 1999 : professeur de Macroéconomie pour la Faculté d’économie de l’université Javeriana, Bogota, Colombie.
  • 1998 : Professeur et chercheur à l’université El Rosario, Bogota, Colombie.
  • 1997 : Professeur-chercheur à l’université Externado, Bogota, Colombie.
  • 1973 – 1982 et 1995 – 1996 : Professeur pour la Faculté d’économie de l’université Los Andes, Bogota, Colombie.
  • 1965 – 1967 : Professeur pour la Faculté d’économie de l’université Nationale de Colombie, Bogota.

 

Expérience professionnelle :

  • 1992 – 1994 : Gérant du Centro Distrital de Sistematización y Servicios Técnicos (Sise) de Bogota, Colombie.
  • 1984 – 1989 : Conseiller du Ministère des Relations Extérieures à Belgrade, Yougoslavie.
  • 1983- 1984 : Conseiller du Ministère des Relations Extérieures à Kingston, Jamaïque.
  • 1978 – 1982 : Directeur Général du Département National de Statistiques (D.A.N.E.) de Bogota, Colombie.
  • 1974 – 1978 : Directeur Général de l’École d’Administration Publique (ESAP), Bogota, Colombie.
  • 1967 – 1969 : Technicien de la Section des Ressources Humaines du Département National de Planification (DNP), Bogota, Colombie.
  • 1960 – 1962 : Député de l’Assemblée Départementale de Caldas, Colombie.
  • 1959 – 1960 : Médiateur (personero) de la Municipalité de Manizales, Colombie.
  • 1955- 1956 : Juge Civil et Juge Pénal de la ville de Manizales, Colombie.

 

Humberto Gallego a étudié le français à l’Alliance française de Manizales durant ses études à l’université de Caldas. Il avait pour intention de partir étudier en France et c’est à travers l’Alliance française qu’il découvre la possibilité d’étudier administration publique à l’ENA. En 1962, il quitte la Colombie, avec sa femme et sa fille, pour aller étudier deux ans en France (d’abord à l’ENA puis à la Sorbonne).

Il estime que ses études en France lui ont beaucoup servies d’un point de vue méthodologique et dans la capacité d’analyse de problèmes. Durant sa carrière professionnelle, la méthodologie et le sens critique appris en France lui ont permis de se démarquer de pairs.

- Jaime CASTRO -

 

Promotion STENDHAL (cycle long, 1964- 1965)

 

“Dans ma formation, mon passage par l’ENA compte beaucoup”.

 

Après avoir était maire de Bogota, Jaime Castro reste très impliqué dans la vie publique colombienne.

 

Ses études :

  • Colegio de Boyacá, Colombie.
  • Colegio Mayor de San Bartolomé à Bogota, Colombie.
  • Études de Droit à l’université El Rosario à Bogota, Colombie.
  • 1964 – 1965: École Nationale d’Administration (ENA), France.
  • Spécialisation à l’Institut d’Administration Locale de l’université Alcalá (Espagne)

 

Son parcours professionnel :

  • 1992 – 1994 : Maire de Bogota, Colombie.
  • 1990 : Candidat pour la primaire du Parti Libéral pour les élections présidentielles, Colombie.
  • 1984 – 1986 : Ministre du gouvernement de Belisario Betancur, Colombie.
  • 1978 – 1982 : Sénateur en Colombie.
  • 1973 – 1974 : Ministre de la Justice et du Droit en Colombie.
  • 1970 – 1973 : Secrétaire juridique de la Présidence de la République de Colombie.
  • 1968 – 1970 : Secrétaire du Président Carlos Lleras Restrepo pour la Réforme Administrative en Colombie.
  • Professeur à l’université el Externado à Bogota, Colombie.

 

Lors de ses études, Jaime Castro avait dans l’idée de partir étudier en France, car il souhaitait se spécialiser en affaires publiques. Selon, lui à cette époque la structure de l’État colombien était clairement inspirée des institutions françaises. C’est ainsi que lors de sa dernière année à l’université, il a pris des cours du soir pour apprendre le français à l’Alliance française. Un jour, il s’est rendu à l’ambassade française de Bogota afin de se renseigner sur les possibilités qu’il y avait de partir étudier en France. Un conseiller de l’ambassade lui donna le “livre de l’étudiant”, un imposant catalogue qui répertoriait tous les diplômes de toutes les disciplines de universités françaises. Après plusieurs jours de lectures, son attention se porta sur l’ENA et il fît part de son intérêt au conseiller de l’Ambassade, lequel très surpris lui dit qu’il était compliqué d’intégrer l’ENA. Cependant, il avait entendu parler de l’ouverture de place pour les étrangers d’Amérique Latine. Quelques semaines plus tard, Jaime Castro fît connaissance de l’énarque chargé de la sélection à Bogota et Jaime Castro fût accepté dans le programme prévu pour les étrangers. Une fois en France, les étrangers recevaient deux mois de cours intensif de français, de novembre à décembre à Cachan. Puis en janvier, ils commençaient le “cycle étranger” au sein de l’ENA, avec une partie des cours propres aux étrangers, et l’autre partie commune avec les français.

 

Son expérience à l’ENA :

Jaime Castro nous raconte une anecdote marquante de son séjour :

“Les samedis nous n’avions pas cours, mais la bibliothèque était ouverte et donc j’y allait pour étudier. Nous étions peu à y aller, la plupart des français étudiaient chez eux ou à la Maison de l’ENA. Un jour où je sortais de la bibliothèque pour aller déjeuner, il y avait un monsieur qui était seul dans le patio de l’école, je me suis approché de lui car il paraissait perdu. Il m’a demandé d’où je venais et quand je lui ai répondu que j’étais colombien et que nous étions plusieurs étrangers au sein de l’ENA, il est resté très surpris. Je lui ai demandé à mon tour s’il était étudiant et il m’a répondu qu’il n’avait pas eu la chance d’étudier ici mais qu’il connaissait bien l’école. Ensuite, il s’est présenté à moi en me disant “je m’appelle Michel Debré”. Je lui ai répondu aussi tôt, “pardon, mais vous êtes le Père de cette école?!”. Il m’a chaleureusement remercié et m’a demandé comment savais-je qui il était. Je lui ai alors raconté mon intérêt pour l’école et que j’avais donc lu l’ordonnance de fondation avec sa signature”.

 

 

 

Alors qu’il étudiait à l’ENA, Jaime Castro a réalisé en parallèle un troisième cycle à Sciences-Po Paris. Il nous explique que c’est par ses études en France qu’il a acquit le sens de l’État, chose que l’on n’enseigne pas dans les universités colombiennes. Selon lui, en France l’État est très important. Être fonctionnaire est quelque chose de valorisée, qui rend fier la personne et son entourage. Il nous raconte qu’en France l’individu qui entre dans la fonction publique défini sa carrière professionnelle, alors qu’en Colombie, la fonction publique ne définie en rien la carrière professionnelle. En Colombie, être fonctionnaire est perçu comme un moyen pour atteindre une meilleure opportunité, travailler pour le secteur public servirait à se préparer pour aller vers le privé.

 

 

 

Après l’ENA :

«Ma formation en France est ce qui m’a permis de réussir dans la vie politique.»

Après ses études, il est rentré en Colombie dans l’idée d’être professeur d’université et ainsi de former une élite administrative en Colombie. Jaime Castro insiste beaucoup sur le fait que l’ENA lui a inculqué “le sens de l’État, la vocation du service public. La méthode de travail apprise en France lui a beaucoup servi au long de sa carrière. C’est une méthodologie qui permet d’analyser les problèmes avec une approche particulière qui s’intéresse à l’origine du problème. Selon lui, l’ENA n’impose pas une idéologie particulière.Il en ressort des politiques de tous bords, mais tous les étudiants traitent le problème de la même manière, ce sont les conclusions et les propositions qui varient.”

Lorsqu’il était professeur à l’ESAP (École Supérieure d’Administration Publique), il y a eu un débat pour savoir si l’école devait former une classe dirigeante ou bien être une école de formation massive pour former l’ensemble de l’administration du pays. Bien que Jaime Castro et Humberto Gallego, deux énarques présents lors de ce débat, défendaient la première position, c’est à dire faire de l’ESAP une ENA à la colombienne, la direction de l’école a choisi la seconde option. L’ESAP est devenue une école qui forme l’ensemble de l’administration colombienne et pas seulement la haute administration publique. On constate aujourd’hui que très peu de hauts fonctionnaires ont étudié à l’ESAP.

Suite à ce débat, Jaime Castro s’est retiré de l’ESAP et a essentiellement enseigné à l’université Externado. En parallèle de ses activités d’enseignement l’Externado, il a travaillé comme fonctionnaire de la présidence de la République au sein de plusieurs gouvernements. Il s’est ensuite consacré à sa carrière politique, au cours de laquelle il devint successivement Sénateur, Ministre puis Maire de Bogota. Il demeure aujourd’hui un acteur important de la politique colombienne



Contact : jcastro@cable.net.co

- Victor Emmanuel CRUZ MORA -

Promotion TURGOT (Cycle 1968)

Ses études:

  • Colegio Camilo Torres, Bogota, Colombie.
  • Colegio Oficial, Bogota, Colombie.
  • 1962 – 1966 : Administration publique à l’ESAP, Bogota, Colombie.
  • 1967 – 1968 : Administration pour le Développement à l’ENA, France.
  • 1979 : Master de Planification Économique et Sociale à l’Institut International d’Administration Publique, Paris, France.

 

Son parcours professionnel:

  • 1995 – 1997 : Directeur du SISE à Bogota, Colombie.
  • 1994 – 1995 : Directeur Général du Departamento Administrativo de Bienestar Social del Distrito (DABS), Sous-directeur de planification à Bogota, Colombie.
  • Sous-directeur Administratif et Financier de ENVASES y CORRUGADOS DIANA.
  • Sous-directeur Administratif de l’Institut Colombien de Commerce Extérieur (INCOMEX).
  • Sous-directeur Administratif de l’Institut Colombien d’Hydrologie, Météorologie et Adéquation des Terres (HIMAT), Colombie.
  • Directeur des Relations Industrielles de l’IDEMA, Colombie.
  • Directeur de planification de l’Institut Colombien de la Réforme Agraire (INCORA), Colombie.
  • 1972 – 1973 : Responsable de l’élaboration des normes d’audit et contrôle de gestion au Bureau de Planification de la Contraloría General de la Republica, Colombie.
  • Directeur d’inspection du Département Administratif de la Présidence de la République, Colombie.
  • Directeur de la Division de Administración, Comercio y Servicios du SENA, Colombie.
  • Conseiller en services commerciaux pour l’ambassade de France en Colombie, Bogota, Colombie.
  • Directeur de O y M, directeur d’analyses de produits et directeur des Oficinas operativas de Banco de Colombia à Bogotá, Colombie.
  • Directeur des Services bancaires de la Caja AGRARIA au niveau national et du projet de systématisation des bureaux de Bogotá, Colombie.
  • Professeur pour les universités: El Rosario, La Javeriana, El Externado et La EAN.

Victor Cruz est né dans le centre historique de Bogota. Dès son enfance il a développé un intérêt pour la France avec un frère chrétien, qui, en primaire, lui a donné ses premières leçons d’histoire de France et de français lorsqu’il avait à peine dix ans. En 1962, il commença ses études à l’ESAP, sur les conseils de Jaime Castro, récemment revenu de France et doyen de l’université. Grâce à sa formation à l’ESAP, Victor Cruz a pu profiter des accords entre l’école et la France. Par la suite, une fois diplômé de l’ESAP, il a pris des cours de français au près de l’Alliance Française de Bogota et en 1967 il est parti durant quatre semaines en France, à Vichy. «J’étudiais jour et nuit le français. Parce qu’en plus du professeur que j’avais, je me suis trouvé un dictionnaire aux cheveux longs, Marie Christine».

Lors de ses études à l’ESAP, venaient des ministres du gouvernements (Frente Nacional) leurs donner des conférences sur ce qu’ils faisaient et comment le faisaient-ils. Ce qui fût selon lui «quelque chose de sensationnel parce que cela nous a offert un large panorama pour exercer notre carrière». Cependant, Victor Cruz nous explique qu’après le Frente Nacional, avec le jeu de libres partis et l’élection démocratique du président, les choses changèrent. La ESAP a été soumise au jeu politique et à partir de là la formation des universités privées fût mieux valorisée que celle des universités publiques.



Son expérience à l’ENA:

La ENA lui a avant tout enseigné la méthode. «Ce fût extraordinaire! Je n’oublierai jamais à mon professeur, il présentait les problèmes, nous faisait faire un diagnostique de ce qui était la sécurité sociale en France, ensuite il nous emmenait à l’institution correspondante, à l’entité qui gère le problème, pour voir comment tout cela fonctionne. Nous voyions quel était le résultat obtenu à ce moment. Ainsi, nous nous rendions compte de ce qui était pour, contre et la conclusion. Et ceci, comme méthode, fût fondamental, savoir ce qu’il y a, se dont on a besoin et ce qui se prévoit, et pour arriver à la proposition il faut conclure sur ce qu’il y a de disponible aujourd’hui ». Ensuite, il nous explique que non seulement la méthode était importante sinon que tout devait être orienté, à cette époque, vers un plan de développement. Ainsi ils ont appris comment fonctionne le commissariat général et les CODER (commissions de modernisation), leur fonctionnement triparti (entrepreneur, travailleur et État) et comment s’est réalisée la planification régional en France. Victor Cruz a réalisé son premier stage à la préfecture de la Région Parisienne.

Après l’ENA:

Entre 1966 et 1970, cinq générations d’étudiants de l’ESAP sont parties étudier à l’ENA. La majorité est revenue au pays par la suite, mise à part quelques uns qui sont restés en France pour travailler avec l’administration publique. De ses camarades de l’ENA, ceux qui se sont le plus dédiés au secteur public sont José Alberto Galeano Ramírez (directeur de l’Incomes) et German Collazos Quevedo (directeur de Compensar). Cependant, de nombreux énarques ont eu des hautes fonctions au niveau national et régional. Beaucoup sont retournés à leurs régions d’origine, et, même s’ils n’ont pas obtenu les postes de gouverneurs, il y a eu beaucoup de maires.

Entre 1968 et 1969, Victor Cruz est retourné en France pour étudier planification économique et social à l’IAP. Il nous raconte qu’il était fatigué de la Colombie à cause du fait qu’il était très compliqué de faire valoir le mérite de sa formation sans un soutien politique. Il considère son retour en France bénéfique par le fait d’une nouvelle spécialisation et du rafraichissement de ses connaissances, mais aussi négatif car cela l’a déconnecté de la vie administrative et politique colombienne. Lors de son retour en Colombie, il a essayé d’intégrer de nouveau l’administration publique et il a subi un «choc avec le système». Avec d’autres compagnons de promotion, ils passèrent des concours pour différents postes administratifs, ministériels et autres. Le problème fût que cela dépendait du département administratif du service civil (actuellement le departamento de la función publica) et donc ils ne pouvaient arriver qu’au niveau de conseiller des vice-ministres ou ministres. Autrement dit ils ne pouvaient pas accéder aux postes de hauts fonctionnaires, lesquels dépendent du politique. Ils étaient inscrits sur des listes d’éligibles pour de plus hauts postes et la sélection se faisait ensuite par le biais du «levier politique» à travers le choix du ministre. C’est pour cela que Victor Cruz n’a pas réussi a travailler en tant que haut fonctionnaire une fois diplômé. Cependant, il a travaillé pour l’ambassade française comme conseiller commercial durant une année. Par la suite, grâce à un compagnon énarque, il est devenu sous-directeur de l’Institut Colombien de Commerce Extérieur (Incomex).

Dans la volonté de «servir son pays», Victor Cruz s’est intéressé à la question agraire, laquelle était un grand thème à cette époque (loi 135 de 1961). Il gagna un concours et il fût formé pour être directeur de projets de la réforme agraire, puis il devint chef de planification dans le secteur. Il a travaillé quelques années pour ce secteur mais suite à l’évaluation de la réforme agraire de 1970 il s’est retiré. Entre 1972 et 1973, grâce à sa formation et sa spécialisation, le président Pastrana le nombra chef du bureau d’organisation et de méthode du Secrétariat d’Organisation et d’Inspection. Ensuite il fût professeur à l’ESAO et au SENA, revenant à son «désir de collaborer au développement colombien par le biais de l’éducation».

Alors qu’il travaillait avec l’ambassade française, il connu Jaime Michelsen Uribe, lider du groupe Gran Colombiano et président de Banco Colombia. Il fût ainsi nommé directeur d’organisation et de méthode des banques de tout le groupe Gran Colombiano. Á partir de là, il s’est éloigné du secteur publique pendant presque dix ans (entre 1979 et 1987). Ce qu’il avait appris durant ses études à l’ESAP comme à l’ENA lui a aussi servi pour travailler dans le secteur privé. Mais suite à tout cela, il a décidé de monter sa propre affaire. Après un certains temps, il fût de nouveau employé d’entreprises privées. Puis il revint au secteur public lorsqu’il fût nommé gérant des services bancaires de la caisse agraire au début des années 1990. Il fût ensuite mis en contact avec la mairie de Bogota, à travers son ami Ricardo Vaquero Narño (avocat de El Externado), et travaillât avec Jaime Castro (maire de Bogota entre 1992 et 1995) comme sous-directeur de planification. Ensuite il travaillât également avec Antanas Mockus, lequel, connaissant son parcours scolaire en France et son expérience professionnelle, le nomma gérant du Centro Distrital de Sistemas. Poste qu’il occupa jusqu’à la fin de 1997. Depuis les quinze dernières années, Victor Cruz travaille en autonomie avec son épouse, en liquidation et réorganisation d’entreprises.

Contact avec les énarques:

Victor Cruz considère que l’AEENA pourrait se dédier à la transformation de l’administration de la branche administrative et de l’administration territoriale du post-conflit. Il relève également la nécessité de créer une école spécifique qui permettrait la formation des hauts fonctionnaires, que ce soit avec la ESAP, le secteur public ou le secteur privé. Et cela avec l’objectif de générer un «nuevo directivo» en Amérique Latine et de soutenir la création d’institutions propres à la région.

“Hoy por hoy, conclusión, yo no me creo un desperdicio del estado, yo soy un producto netamente estatal, estudié en una escuela publica, en colegio oficial, en una universidad oficial, beca del gobierno francés, una beca del gobierno colombiano, mi formación fue toda estatal, le servía al estado hasta cuando el estado me lo permitió. (…) Pues yo colabore hasta donde me lo permitieron y por otra parte me permitió formar a mis hijos y mi hogar.”

- Mauricio VASCO MOSCOVITH -

Promotion Michel De MONTAIGNE (cycle long, 1986 - 1987)

«L’ENA est une formation qui aborde des thèmes très divers. L’école offre un solide cadre d’analyse avec des outils multidimensionnels. »

Après vingt années d’absence d’étudiant colombien sur les bancs de l’ENA, Mauricio Vasco fut le premier colombien à étudier à l’ENA. Il est aujourd’hui consultant pour la grande entreprise Prospectiva y Comunicación Regional à Bogota, Colombie.

Ses études :

  • Lycée Français de Bogota, Colombie.
  • 1979 : Diplômé de Master en Sciences Politiques à l’université de Los Andes à Bogota, Colombie.
  • 1979 - 1981 : DEA à Sciences Po Paris (Mémoire sur les mouvements paysans et les guérillas révolutionnaires en Colombie), France.
  • 1986 – 1987: Cycle long à l’École Nationale d’Administration (ENA), France.

Son parcours professionnel:

  • Depuis 2016: Consultant pour la firme Prospectiva y Comunicación Regional à Bogota, Colombie.
  • 2004 – 2016: il intègre l’entreprise de Télécommunication de Bogota en 2004, puis en 2009, il devient vice Président-Audit Corporatif de l’entreprise de Télécommunications de Bogotá (ETB), Colombie.
  • Depuis septembre 2008, il est membre de l’Institute of Internal Auditor (IIA).
  • 1981: Conseiller pour le Département National de Planification de Colombie.

Mauricio Vasco a depuis son enfance, un lien très fort avec la France, ses parents se sont connus à Paris, lorsque son père étudiait à Sciences-Po Paris. Il voyage régulièrement en France pour rendre visite à son fils producteur de cinéma, qui vit une partie de l’année dans la capitale française. Mauricio Vasco a découvert l’ENA lors de ses études à Sciences-Po Paris (1979 - 1981), durant lesquelles il a suivi un cours d’administration publique. Lors de ce cours il a découvert l’importance de l’ENA dans la haute administration française. Par la suite, étant fonctionnaire public en Colombie pour le département de planification du gouvernement (DNP), étudier à l’ENA lui a paru une expérience intéressante pour sa carrière. Il a vu en l’ENA une manière d’acquérir de meilleures connaissances, une expérience mélangée à la pratique et par ailleurs, une opportunité de retourner en France. C’est Pierre Gilhodes, son directeur de Mémoire de DEA à Sciences Po qui l’a convaincu de passer le concours pour les étrangers par lequel il a intégré l’ENA.

Son expérience à l’ENA :

Lors de ses études, il a réalisé son stage à la préfecture de Blois dans le Loir-et-Cher, durant un mois et demi, ainsi qu’à la Datar, organisation de planification nationale, à Paris.

De son expérience à l’ENA, il retient plusieurs choses. Tout d’abord “les professeurs étaient des professionnels en exercice, cela permettait aux étudiants de travailler sur des cas pratiques en temps réel et avec une gestion réaliste”. Mauricio Vasco relève que son expérience antérieure à Sciences-Po Paris lui a beaucoup servi pour s’adapter à la méthodologie et l’exigence qui est requis pour étudier à l’ENA. Il nous raconte également que la capacité de synthèse et la méthodologie rigoureuse lui ont beaucoup servi durant sa carrière professionnelle et qu’il les utilise toujours aujourd’hui. Il reconnaît la forte influence qu’a eu l’ENA pour sa carrière, notamment quand il travaillait pour la coopération international sur les thèmes d’administration publique. En 2001, il fut le fondateur d’un projet entre l’Union Européenne et l’ESAP qui visait à former les gouvernements locaux de Colombie (Proyecto Sistema Nacional de Capacitación Municipal).

Mauricio Vasco nous raconte une anecdote de son séjour :

“Durant mes études, j’ai effectué un voyage en Corse avec mes camarades de promotion. C’est un voyage qui fût organisé pour les étudiants étrangers pour qu’ils puissent découvrir une région de France. Ce voyage m’a beaucoup marqué car nous avons voyagé au moment où le ministre de l’intérieur réalisait une visite officielle. Par le climat tendu qui régnait sur l’île dû à cette visite officielle, j’ai associé des problèmes régionaux similaires à ceux qui existaient en Colombie à cette époque. Ce fût très intéressant car nous étions en contact direct avec les autorités locales. Dans ce climat très tendu, ce fut intéressant de voir la gestion des autorités françaises à ce moment là.”

Contacts avec les énarques:

La promotion Montaigne a une association des anciens étudiants étrangers, géré par le québécois Benoît Jean-Bernard. Ils se réunissent tous les deux ans depuis qu’ils sont diplômés. Ces réunions ont un taux de présence entre 60 et 70%. C’est une rencontre informelle et institutionnelle à la fois. Mauricio Vasco nous raconte qu’en 2012, ils se sont retrouvés à Paris où ils ont réalisé de nombreuses visites à d’anciens énarques et contacts de cette promotion. Ils ont ainsi pu visité l’Élysée, le Musée de l’armée, la Fondation Louis Vuitton entre autres. En 2016, ils envisagent de se retrouver à Londres.

Mauricio Vasco garde également un contact suivi avec les énarques colombiens à travers de l’Association des Anciens Élèves qui se réunie entre deux et trois fois par an. Par exemple lors de l’assemblée annuelle avec la présence de Monsieur l’ambassadeur de France. C’est lors de cette assemblée qu’ils programment des activités comme celle du voyage d’étudiants de l’ESAP à Paris en 2014, ou encore quand viennent des experts français et qu’ils se réunissent lors d’un déjeuner. À travers l’association, il soutient également l’Ambassade de France dans le processus de sélection des échanges avec l’ENA(réunion d’information pour les candidats, et soutient à l’Ambassade pour les entretiens de sélection).

Contact : vascomauricio@yahoo.com

- Camilo Jose GRANADA BARRERA -

Promotion Jean MONNET (cycle long, 1989 - 1990)

«À l’ENA, on apprend beaucoup de choses importantes. On nous enseigne à travailler dans des environnements complexes, compétitifs, conflictuels et dans un minimum de temps. C’est la vie réelle, en particulier dans la vie publique.»

Camilo Granada dirige aujourd’hui sa propre entreprise de communication stratégique, FTI Consulting, à Bogota, Colombie.

Ses études :

  • Lycée français de Bogota (de la maternelle jusqu’au Bac), Colombie.
  • Master en Économie et Sciences Politiques à Montpellier, France.
  • DEA à Paris I, Sorbonne, France.
  • 1989 – 1990 : Cycle long à l’École Nationale d’Administration (ENA), France.

Son parcours professionnel :

  • Depuis 2002 : Directeur de l’entreprise FIT Consulting à Bogota, Colombie.
  • 2002 : Conseiller politique pour la campagne présidentielle de la candidate Noémie Sanin, Bogota, Colombie.
  • Conseiller politique du Secrétaire Général pour l‘Organisation des États d’Amérique (OEA) à Washington, Etats-Unis.
  • Coordinateur de recherche du programme de lutte contre la pauvreté de la Banque Mondiale à Washington, Etats-Unis.
  • Directeur de recherche de la section sociale du Think Tank Fedesarrollo à Bogota, Colombie.
  • Directeur de la Unidad de Justicia y Seguridad de Planeación Nacional à Bogota, Colombie.
  • 1994 : Rédacteur pour la revue Semana à Bogota, Colombie.
  • Conseiller politique du Président de la République de Colombie.
  • Directeur des affaires étrangères de la Cancilleria à Bogota, Colombie
  • Chargé de coopération à l’ambassade de Colombie en France

 

Camilo GRANADA a effectué l’ensemble de sa scolarité dans des établissements français notamment au sein du Lycée français de Bogota en Colombie. Il a réalisé ses études en France à l’université de Montpellier puis à Paris. Il s’intéresse à l’ENA lors de son DEA à la Sorbonne. Il s’est présenté au concours de l’ENA proposé aux étrangers par l’Ambassade de France en Colombie et a été accepté en 1989. À cette époque, il avait la volonté de revenir en Colombie pour travailler dans l’administration et d’intervenir dans la politique de son pays.

Son expérience à l’ENA :

Lors de ses études à l’ENA, il a réalisé son stage à Versailles dans la Préfecture des Yvelines. Il témoigne avoir été satisfait de rester en région parisienne car ayant étudié plusieurs années à Montpellier, il ne souhaitait pas retourner en province, (à l’inverse de la plupart de ses camarades étrangers qui sont partis pour découvrir une autre facette de la France). Il souligne que cette expérience fut très enrichissante puisque le Premier Ministre de cette époque était Michel Rocard qui était aussi député de la circonscription des Yvelines. Lors de son stage en Préfecture, il a ainsi pu être en contact régulier avec le Premier Ministre. Durant cette période, il relève deux événements marquants: une grève dans les prisons et la grève de la SNCF durant l’hiver. Selon lui, ces deux évènements lui ont beaucoup appris pour gérer l’ordre public (notamment pour prendre des décisions et développer une stratégie de communication dans un contexte de crise). Il nous raconte également qu’il avait l'apriori du département des Yvelines, jugé comme socialement aisé, mais dans lequel il a découvert les problèmes économiques et sociaux des quartiers populaires : fort chômage, problème d’intégration et de délinquance. Au près de ces populations en difficulté, il relate avoir travaillé sur les thèmes de développement économique et de lutte contre le chômage, thèmes sur lesquels il travaillera par la suite.

À l’ENA, il reconnaît avoir eu une position privilégiée pour un étranger grâce à sa maitrise de la langue française, acquise lors de sa scolarité dans des institutions françaises. Il a été très bien intégré au sein de sa promotion. Il souligne en effet qu’avoir effectué un parcours académique totalement en français, l’a indéniablement aidé pour profiter au mieux de sa formation à l’ENA (maîtrise de la langue et de la méthodologie, solide culture générale et connaissance profonde des institutions françaises). Grâce à ses compétences et à son statut d’étudiant étranger, qui l’excluait de la forte compétition pour le classement de sortie de l’ENA, il fut le seul étranger de sa promotion à coordonner un groupe pour le travail de fin d’études.

Selon Camilo Granada, “l’ENA enseigne à ses élèves à travailler dans une dynamique de travail et un contexte extrêmement compétitif, où chacun a de fortes ambitions. Malgré cela, cette ambiance pousse à la coopération entre les membres du groupe, ce qui est très utile dans la vie professionnelle en organisation publique”. Il se rappelle que les étudiants sont amenés à prendre des décisions et à synthétiser des sujets complexes sous une pression intense, dans un temps très réduit. Il faut donc gérer un niveau d’adrénaline important tout en restant calme et efficace. Il nous raconte par exemple que, lorsqu’il était conseiller de la présidence, il avait à peine 27 ans et devait travailler avec des hauts fonctionnaires bien plus âgés et expérimentés que lui. Les exercices de groupe réalisés à l’ENA ont été pour lui une préparation idéale pour défendre ses arguments et prendre des décisions au plus haut niveau de l’Etat colombien.

Après l’ENA:

À la sortie de l’ENA, il commence sa carrière professionnelle à l’Ambassade de Colombie à Paris comme chargé de coopération. À l’issue de cette expérience, il retourne en Colombie pour intégrer l’équipe de travail de la Cancillería (Service des Relations extérieures de la Colombie) comme directeur des affaires étrangères au service de coopération, puis directeur de cabinet de la Ministre Noémie Sanin. C’est en travaillant auprès de la Ministre des Relations Extérieures qu’il rencontre le président de la République César Gaviria (1990-1994). Celui-ci lui propose rapidement le poste de conseiller politique en défense et sécurité de la présidence, qu’il occupa jusqu’à la fin du mandat présidentiel. Lors du changement de gouvernement, il se retire un moment de la fonction publique et écrit des tribunes d’opinions pour la revue Semana. Quelques temps plus tard, il retourne travailler pour le secteur public comme directeur de l’Unité de Justice et de Sécurité Nationale de du Département National de Planification (Unidad de Justicia y Seguridad de Planeación Nacional). Au début des années 2000, il part à Washington travailler pour la Banque Mondiale pour le programme de lutte contre la pauvreté. Toujours à Washington, il travaille ensuite pour l’Organisation des États d’Amérique (OEA) comme conseiller politique du Secrétaire Général. Lorsqu’il revient en Colombie, il entre en politique pour travailler dans la campagne de Noémie Sanin, ancienne ministre des Relations Extérieures et alors candidate présidentielle en 2002. Suite à cette expérience, il abandonne le secteur public et fonde son entreprise de communications stratégiques (FTI Consulting), dont il est aujourd’hui le directeur.

Contact avec les énarques :

Camilo Granada a été directeur de l’association des anciens élèves de l’ENA en Colombie de 2008 a 2010.Lors de cette expérience, il remarque une grande disparité des profils des énarques, ce qui engendre une dispersion d’intérêts et des difficultés à mobiliser ce réseau. Il garde un contact occasionnel avec les énarques de sa promotion et les énarques colombiens.

En 2007, Martin Hirsh, célèbre camarade français de sa promotion, a été Haut-Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement de François Fillon. Lors d’un voyage en France, ils se sont rencontrés et ils ont pu échanger sur le thème de lutte contre la pauvreté, puisque ils sont tous les deux des spécialistes du sujet.

Par ailleurs, Camilo Granada a connu Jaime Castro lorsqu’il était maire de Bogota. Ils ont travaillé sur des thèmes connexes puisque Camilo Granada travaillait pour la sécurité intérieure de la Colombie, auprès du Président de la République, incluant le territoire de la capitale Bogota.

Contact : camilo.granada@fticonsulting.com

- Andrés CASTRO FORERO -

Promotion René CHAR (cycle long, 1993 – 1995)

Andres Castro est gérant et consultant pour le cabinet d’avocats Castro-Forero Consultores SAS, spécialisé en Droit Public. Il est également professeur au Collège d’Études Supérieures d’Administration (CESA) de Bogota. Très attaché à entretenir les relations entre l’ENA et la Colombie, Andres Castro est le directeur de l’Association des anciens élèves de l’ENA en Colombie depuis 2010.

Fils de Jaime Castro (promotion Stendhal) qui fut le deuxième colombien à avoir étudié à l’ENA. Jaime et Andres Castro ont été les premiers étudiants étrangers à étudier à l’ENA de père en fils.

Ses études :

  • 1985: Lycée Français de Bogota, Colombie.
  • 1986 – 1990: études de Droit à l’Université El Rosario de Bogota, Colombie.
  • 1991 – 1992: spécialisation en Gestion publique à l’université de Los Andes à Bogota, Colombie.
  • 1992 – 1993: Certificat d’Études Politiques (CEP) à Sciences Po Paris, France.
  • 1993 – 1994: Cycle long à l’École Nationale d’Administration (ENA), France.

Son expérience Professionnelle:

  • Depuis janvier 2014: Gérant, consultant de cabinet d’avocats spécialisés en Droit Public Castro Forero Consultores SAS, Colombie.
  • Septembre 2004 - 2013: secrétaire général et leader socialde Fedepalma (syndicat patronal de l’agro-industrie de l’huile de palme en Colombie), Colombie.
  • 1997 – 2000: Directeur juridique de l’Association de Gaz Naturel - NATURGAS - en Colombie.
  • 1995 – 1997: Chef du bureau juridique de la Commission de Régulation d’eau potable et de Traitement Basique à Bogota, Colombie.
  • 1991 – 1992: fonctionnaire à la commission pour la modernisation de l’État sous la présidence de la République (César Gaviria 1990-1994), Colombie.

Son expérience dans l’enseignement :

  • 2001 – 2003: Professeur d’Institutions Politiques à Sciences-Po Paris, France.
  • Depuis 2015: Professeur d’Administration Publique au Colegio de Estudios Superiores de Administración (CESA) de Bogota, Colombie.
  • 2017: Président de l’Alliance Française en Colombie.

Avant de devenir avocat de droit public, Andrés Castro a fait toute sa scolarité au lycée français de Bogota. Lors de ces études, il connaissait déjà l’ENA puisque son père, Jaime Castro, est lui même diplômé de l’ENA en 1965 (promotion Stendhal). En 1991, alors qu’Andres Castro est fonctionnaire du gouvernement, il réalise une spécialisation (Master 1) en Gestion Publique à l’université Los Andes dans la perspective de préparer le concours d’entrée de l’ENA. Au cours de cette même année, il part finalement étudier un Certificat d’Études Politiques (CEP) à Sciences-Po Paris. Il intégra ensuite l’ENA en cycle long en 1993. En rentrant à l’ENA il avait la volonté de faire de la politique en Colombie. Il a finalement préféré choisir une autre voie: il devient expert en régulation économique et travaille pour plusieurs organismes publics en Colombie. Due à la situation politique tendue avec les Farcs, au début des années 2000, Andres Castro revient en France. Au cours de ce séjour il a été professeur à Sciences-Po Paris. En 2003, il rentre en Colombie et devient expert de la culture de palme pour de la compagnie Fedepalma.

Son expérience à l’ENA :

Il reconnaît que l’ENA lui a beaucoup servi tout au long de sa carrière, notamment pour développer davantage ses capacités d’analyse et de négociation. Selon lui à l’ENA, on apprend «une méthode de travail qui permet de traiter un problème dans son intégralité et donc d’affronter n’importe quelle contradiction». Aujourd’hui, Andres Castro est professeur d’administration public en Colombie et essaie de transmettre à ses étudiants la méthode de travail apprise à l’ENA. Il cherche également à enseigner le concept de «l’État et le sens du service public» aux futurs fonctionnaires.

- Photographie: Andrés Castro avec Noel Ehouman Guetat de Côte d’Ivoire -

Il a effectué son stage à la préfecture de Corrèze, à Tulle. Durant ces mois de stage, il a eu l’occasion de faire une conférence sur la Colombie au sein d’une association culturelle. Dès lors, il a intégré cette Association avec laquelle il a participé à plusieurs évènements. C’est ainsi qu’il a pu avoir une vie sociale très active. À la fin de son stage, lors du pot de départ, il nous raconte que le préfet fût très surpris par la quantité d’invités venus lui dire au revoir.

Dans les pas de son père, Andres Castro a aussi étudié à Sciences Po. Il a connu Jeannette Seta, la libraire de Sciences Po, laquelle lui a ouvert son cercle social et mondain. Celle-ci lui a présenté de nombreuses personnalités politiques de plan national ayant suivi la fameuse trajectoire Sciences Po- ENA.

- Photographie: Jaime et Andrés Castro le jour de la remise de diplôme de l’ENA d’Andrés Castro. -

- Photographie: Promotion René CHAR, ENA, 1995 -



Jeannette Setas :



Jeannette Setas fût la libraire de Sciences-Po Paris pendant quarante ans, elle a quitté son poste en 1992.

«Il y avait aussi la libraire de Sciences Po, avec une vraie personnalité de l’époque: Jeannette. C’était tout un personnage haut en couleur! Elle était amie avec tout un tas d’anciens de Sciences-Po devenus ministres ou hauts fonctionnaires. Elle était extrêmement familière dans sa façon de se présenter aux étudiants, dans son comportement, et par sa volonté d’exister dans le champ intellectuel. Elle nous conseillait des lectures et nous malmenait si on lui tenait tête!» Betrand Badie, extrait de Alumni SciencesPo Magazine nº6 (p. 60).

- Jeannette Setas lors du mariage d’Andrés Castro en Hollande -

«La dernière de ces dames était Jeannette : elle sourira en lisant son nom. Car elle est encore “la” libraire de Sciences-Po, tout enveloppée de ses odeurs de tabac brun, la voix rauque, généreuse et forte en gueule qui, elle, sait vraiment tout de chacun d’entre nous car, au fil des années, nous lui avons tout dit. Depuis trente ans, elle tutoie avec une belle indifférence ministre ou ambassadeur, donne des nouvelles de ceux qui – les meilleurs amis du monde, des compagnons, des frères – ont mis vingt ans à ne plus se revoir. Peut-être que, les premiers mois, j’ai eu peur de Jeannette : elle était si sûre d’elle et de son pouvoir sur chacun d’entre nous, elle paraissait si liée à ces demi-dieux qui préparaient l’ENA, bavardaient avec elle dans sa boutique, en face de l’école, avec une si somptueuse certitude de porter en eux ce germe unique qui, nonchalamment cultivé, fera un jour d’eux de grands commis de l’État, que je me sentais bien peu de chose à leur côté. Puis, mis en confiance, c’est sûrement grâce à Jeannette qu’après quelques semaines, je me suis senti étudiant à part entière de ce qui m’apparaissait comme l’un des plus prestigieux établissements universitaires du monde : on le voit, j’étais resté naïf…» Pierre-Jean Rémy, Extrait de l’Autre éducation sentimentale, 1991.

Jeannette a d’abord connu Jaime Castro, le père d’Andrés, lorsqu’il était étudiant à Sciences-Po dans les années 60. Andres nous raconte que dans les années 90, Betrand Badie, professeur à Sciences-Po Paris, est parti en voyage en Colombie. Lors de ce séjour, il rend visite à son ami Pierre Gilhodes. Ils partent tous les deux à une manifestation politique à Ventaquemada (dans le département du Boyaca, Colombie), où Jaime Castro fait le lancement de sa campagne politique pour le poste de candidat à la présidence du Parti Libéral. À son retour à Sciences-Po, Betrand Badie offre une affiche de la campagne de Jaime Castro à Jeannette. Heureuse de cette surprise, la célèbre libraire de Sciences Po l’expose aussitôt dans sa vitrine. Jaime Castro a pris connaissance de ce clin d’œil de la Rue St Guillaume grâce à une étudiante colombienne de Sciences-Po qui envoya une photo de la vitrine au prochain maire de Bogota.

Quand Andrés Castro est arrivé à Paris, Jeannette était déjà à la retraite, Andres a été invité à diner chez elle pour faire sa rencontre. Jeannette était une personne âgée mais qui gardait une vie mondaine très animée. Elle a rapidement pris Andres sous son aile. Il l’a ainsi accompagné à de nombreuses soirées au cours desquelles elle lui a présenté de nombreuses de personnalités politiques comme Jacques Chirac, Lionel Jospin ou le couple Hollande-Royal. Plus tard, elle fut la marraine de son mariage. Durant toutes ces années, elle lui a rendu visite en Colombie et Andres, lui rendait visite chacun de ses voyages en France.

Contact: andres.castro@castroforero.com

- Juan Pablo PARRA ROJAS -

Promotion Cyrano De BERGERAC (Cycle long, 1997 - 1998)

Aujourd’hui, Juan Pablo Parra est vice-recteur de la Escuela de Administración de Negocios (EAN) de Bogota en Colombie.

Ses études :

  • Pregrado FIGRI (Facultad de Finanzas Gobierno y Relaciones Internacionales) àl’Université Externado de Colombia, Bogota, Colombie.
  • 1995 - 1996 : Certificat d’Études Politiques (CEP) en Relations et Affaires Internationales à Sciences Po Paris, France.
  • 1997 - 1998 : Master en Administration Publique à l’ENA.
  • 2002 : Leadership Semminar, Political Science and Government, à Georgetown University, Washington, E.U.
  • University of South Carolina – Columbia: International Studies, International Relations and Affairs, E.U.

Depuis son plus jeune âge, Juan Pablo Parra témoigne porter un intérêt prononcé pour la culture française. Après son baccalauréat, Juan Pablo Parra est parti en France pendant un an. Au cours de ce voyage, il a d’abord étudié le français quatre mois à l’Alliance française de Paris, où il obtient le diplôme de langue. Il a ensuite voyagé à travers la France pendant plusieurs mois en mélangeant travail et tourisme. Quand il rentre en Colombie en 1992, il intègre l’université Externado de Colombia pour étudier la finance. Cette université avait déjà des accords d’échanges avec la France et Juan Pablo Parra souhaitait retourner en France. Il nous raconte qu’avec plusieurs camarades, ils ont réactivé l’accord qui existait entre cette université colombienne et Sciences Po Paris. Ainsi en 1995, il part réaliser un Certificat d’Études Politiques (CEP) à Sciences Po Paris. Suite à cette année d’échange, il est rentré terminer son diplôme de Pregrado en Colombie. Pendant ce temps, il est resté en contact avec l’Ambassade de France en Colombie. C’est à travers celle-ci qu’il a entendu parlé des échanges avec l’ENA. Une fois diplômé del Externado, il a passé l’examen d’entrée puis il est parti étudier à l’ENA en septembre 1997. Il était alors jeune diplômé et nous raconte qu’ainsi ce fût facile de s’intégrer et d’avoir des amis de son âge, jeunes diplômés de Sciences Po Paris pour la plupart.

Son expérience à l’ENA:

Il a commencé par étudier à Strasbourg avec les étudiants étrangers. Il est ensuite parti à Carcassonne pour son stage en préfecture de trois mois. Il nous raconte que les réalités étaient très différentes de celle de la partie Nord de la France, selon lui plus développés économiquement. C’est d’ailleurs un des points qui lui a paru intéressant lors de son expérience: avoir une vision de la diversité des cultures du pays vivant dans différentes régions de France (Paris, Strasbourg et Carcassonne). Par ailleurs, vivre dans trois lieux différents lui a permis de renforcer sa capacité d’adaptation.

Juan Pablo Parra relève que l’intérêt principal de l’ENA est d’être une école d’application et non purement théorique. Les exercices de groupe permettent de mettre en pratique les connaissances de chacun pour un travail concret. Et également, c’est une école qui dispose d’une méthodologie très dynamique. Ce qui l’a le plus marqué a été l’apprentissage de la synthèse, qui lui sert toujours aujourd’hui dans sa vie professionnelle. Il fût aussi marqué par l’exigence des professeurs, lesquels indépendamment du fait qu’il y avait des étrangers dans la promotion, exigeaient le même niveau à chacun. Juan Pablo Parra observe que les étudiants à l’ENA ont accès à de nombreux lieux de pouvoir de manière directe et qu’ils évoluent dans un univers de profils diversifiés. La compétition au sein de la promotion lui a forgé le caractère, ce qui plus tard lui a permis de pouvoir se démarquer dans sa vie professionnelle.

Après l’ENA:

Il est retourné en Colombie et il est devenu professeur de l’université El Externado de Colombia. Il a également travaillé avec la présidence de la République sur le programme «Colombia Joven», dans lequel il a pu directement appliquer les enseignements appris à l’ENA. Il relève que lorsqu’il a fini ses études à l’ENA, la structure administrative française avait plus d’influence en Colombie qu’aujourd’hui. Selon lui, pour cette raison, les hauts fonctionnaires colombiens de la récente génération vont davantage étudier aux Etats-Unis ou en Angleterre qu’en France. Il note que l’avantage de l’ENA est que l’enseignement fonctionne sur l’apprentissage de différents modèles, ce qui permet d’avoir des idées plus variées, alors qu’aux Etats-Unis on n’étudie qu’un seul modèle.

Juan Pablo Parra ne souhaitait pas avoir une carrière académique, c’est pour cela qu’il a travaillé pendant quatre années à la bourse de Bogota comme trader. Par la suite, il fût appelé par la Escuela de Administración y de Negocio (EAN), qui est une école d’application similaire à l’ENA mais pour l’administration privée. Aujourd’hui, il regrette qu’il n’y ait pas d’accords d’échange entre les deux écoles, la EAN étant une école privée.

Contacts avec les énarques:

Juan Pablo Parra est adhérent de la AEENA depuis qu’il a fini ses études. Il reste en contact avec les anciens élèves de sa promotion par des groupes facebook. Il rencontre de temps à autres ses amis de promotion lors de réunions et de voyages en France où il leur rend visite.

Contact : juanoparra@yahoo.com

- David SOTO -

Cycle court 1997

Aujourd’hui, il est directeur de la Fondation ACUA (Activos Culturales Afro) à Bogota, Colombie.

Ses études :

  • Collège à Poitier et Lycée à Bayonne, France.
  • Diplômé de la Faculté de Finances de l’université El Externado à Bogota, Colombie.
  • 1997 : Cycle court pour les étrangers professionnels à l’ENA.

Son parcours professionnel:

  • Depuis 2007 : directeur de la Fondation ACUA (Activos Culturales Afro) à Bogota, Colombie.
  • Depuis 2004 : Professeur à l’université El Externado de Bogota, Colombie.
  • 2014 : Conseiller du Département National de Planification (DNP) pour la mise en place d’un projet d’aménagement territorial, Colombie.
  • 1996 - 1998 : Directeur des entités territoriales du Ministère de l’Intérieur à Bogota, Colombie.
  • Fonctionnaire du Ministère de la Justice à Bogota, Colombie.

David Soto a appris le français lorsqu’il est parti étudier en France en 1979, à Poitier puis à Bayonne, alors qu’il était encore mineur. Sa famille a dû s’exiler pour des raisons politiques. Une fois en France, il a eu pour tuteur Pierre Gilhodez, lequel était un ami de son père. Il a donc étudié en France jusqu’au baccalauréat puis est retourné en Colombie. Il a fait partie de la première promotion de la faculté de finances de l’université El Externado. Une fois diplômé, il a commencé à travailler au Ministère de la Justice comme coordinateur. Il a également été professeur et directeur du Master International à l’université El Externado de Colombia. En 1995, il présente le concours d’entrée à l’ENA pour les étrangers. Auquel il fut accepté et a obtenu la bourse de l’Ambassade de France. Cependant, cette année là, l’ENA a annulé la place prévu pour la Colombie et donc David Soto n’a pas pu partir. Conseillé par le Conseiller Culturel de l’Ambassade, il a finalement décidé de partir étudier à Sciences-Po Paris pour y préparer le concours d’entrée depuis la France. C’est donc en 1996 que David Soto intègre Sciences-Po Paris. Il a suivi les cours de préparation à l’ENA avant de passer le concours pour le cycle court, spécifique aux étrangers. Il fut par la suite, le premier colombien à opter pour le cycle court, dans la mesure où, à cette époque, il était fonctionnaire public et possédait donc déjà une certaine expérience.

Son expérience à l’ENA :

Il est entré à l’ENA en 1996 et a commencé ses études à Strasbourg, pour quatre mois, avec les autres étrangers de sa promotion. Il a ensuite continué sa formation à Paris, avec l’ensemble de la promotion, étudiants du cycle long et du cycle court mélangés. À la fin du mois de mai 1997, il a effectué son premier stage au Ministère de l’Intérieur, à la direction générale des collectivités locales. Il a ensuite réalisé un second stage à la préfecture du Val-de-Marne, à Créteil.

Après l’ENA :

À son retour en Colombie, il a travaillé au Ministère de l’intérieur en tant que directeur des entités territoriales, le même poste que celui qu’il avait assuré lors de son stage en France. À ce poste, il a pu appliquer les connaissances acquises lors de ses études en France. Lors de sa mission au ministère, il a développé un projet d’aménagement territorial dans lequel il a adapté des mécanismes français à la Colombie, comme par exemple les contrats-plans ou les mécanismes d’associativité. Quelques années plus tard, le Département National de Planification a mis en place ces projets. David Soto ne travaillait plus pour le secteur public mais il a tout de même suivi et conseillé le processus jusqu’en 2014. En effet, depuis 2007, David Soto est devenu directeur de la fondation ACUA (Activos Culturales Afro), pour laquelle il consacre aujourd’hui la majorité de son temps.

Contact avec les énarques :

David Soto garde contact avec plusieurs énarques. Il s’est déjà réuni deux fois avec les étrangers de sa promotion. Une fois en 2007 pour la célébration des dix ans de la promotion, et une autre fois pour célébrer les quinze ans.

Contact : david_sotou@yahoo.com.mx

- William ZAMBRANO CETINA -

Promotion 1998, cycle court.

L’ENA est «une école qui doit se réinventer. Elle est surtout faite pour la France».

Après avoir assumé la vice-présidence du conseil d’État colombien, William Zambrano est aujourd’hui partenaire fondateur du cabinet d’avocats Ospina Zambrano & asociados abogados consultores à Bogota.

Ses études :

  • 1985 : diplômé de la Faculté de Droit de l’université El Rosario de Bogota, Colombie.
  • 1985 - 1986 : D.S.U. en Droit Administratif de l’université de Droit, Économie et Sciences Sociale, Paris II, France.
  • 1986 - 1987 : D.E.A. en Sciences Administratives de l’université de Droit, Économie et Sciences Sociale, à Paris II, France.
  • 1989 : Maitrise en Gestion de Ressources Humaines à l’Institut International d’Administration Publique de Paris, France.
  • 1998 : Cycle Court pour les fonctionnaires étrangers à l’ENA.

Son parcours professionnel :

  • Depuis 2016: Partenaire fondateur du cabinet d’avocats Ospina Zambrano & asociados abogados consultores, Bogota, Colombie.
  • 2009, 2013 et 2015 : Président de la Chambre Consultative et du Service Civil du Conseil d’État de Colombie.
  • 2012: Vice-président du Conseil d’État de Colombie.
  • 2007 - 2011 : Membre de la commission de Réforme de la Juridiction du Contentieux Administratif en Colombie.
  • 2007 - 2015 : Magistrat de la Chambre Consultative et Service Civil du Conseil d’État de la République de Colombie.
  • 2000 - 2001 et 2002 - 2007 : Magistrat auxiliaire de la Cour Constitutionnelle colombienne.

Carrière académique:

  • Depuis 2016 professeur de Carrière académique de la Faculte de Jurisprudence de l'université el Rosario
  • 1997 - 2000 : Directeur du Master Droit Administratif de l’Université El Rosario à Bogota, Colombie.
  • 1994 - 1997 : Directeur de Droit Public de la Faculté de Jurisprudence de l’université El Rosario à Bogota, Colombie.
  • 1994 - 1996 : Charge des fonctions de Doyen de la Faculté de Jurisprudence de l’Université El Rosario à Bogota, Colombie.
  • 1989 - 1992 : Chercheur au Centre d’Études et de Recherches de Sciences Administratives (CERSA) de l’université Paris II, France.

Carrière comme consultant et conseiller :

  • 2001 : Consultant pour le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Mairie de Bogota, Colombie.
  • 1997: Consultant pour le Conseil National Électoral, Bogota, Colombie.
  • 1996 – 1997: Consultant pour le cabinet de conseil et gestion du projet de Restructuration Administrative de Ecopetrol, Bogota, Colombie.
  • 1996: Consultant pour le ministère de la Justice et de Droit – AID, Programa Nacional de Casas de Justicia, Bogota, Colombie.
  • 1993 – 1994 Conseiller de la Consejería présidentielle sur la Modernisation del État en Colombie
  • 1994 – 1995 Conseiller de la Consejería présidentielle pour le développement institutionnel de la Colombie
  • 1993: Consultant pour le PNUD et la Consejería présidentielle de Colombie pour le Développement Constitutionnel, Bogota, Colombie.

William Zambrano a étudié le français à travers des cours particuliers lors de ses études à l’université El Rosario à Bogota. Une fois diplômé, il a profité d’une convention entre l’université El Rosario et Paris II pour partir étudier l’administration en France. Il a obtenu une bourse de l’Ambassade française en Colombie qui incluait des cours intensifs de français (deux mois intensifs à Grenoble lors de l’été 1985). Il est ensuite revenu en Colombie en 1992, Après avoir travaillé au Centre des Recherches en Cience Administrative de l'université Paris II pendant trois ans, il devient professeur à l’université El Rosario de Bogota. Alors qu’il continuait sa carrière à l’Université, il fut conseiller de la Présidence de la République. Par la suite, avec la collaboration de plusieurs professeurs rencontrés à Paris, il a créé le Master de Droit Administratif de l’université. Quelques années plus tard, en 1998, alors qu’il était fonctionnaire, il est parti étudier à l’ENA dans le cadre du cycle court prévu pour les fonctionnaires étrangers. Il est arrivé à l’ENA lors de la première transition de l’école à Strasbourg. À son retour en Colombie, il intègre la Cour Constitutionnelle comme Magistrat auxiliaire en 2000 et en 2007, il est élu Magistrat du Conseil d’État, duquel il a assumé la vice-présidence par la suite.

Son expérience à l’ENA :

Lors de son arrivée à l’ENA, William Zambrano connaissait déjà le pays et il avait gardé des relations personnelles avec ses anciens camarades, connus lors de ses études à Paris. Il avait connu par ailleurs plusieurs membres du Conseil d’État français, lorsqu’il était conseiller de la Présidence. Il avait organisé une mission d’étude qui a voyagé à Paris pour une mission auprès du Conseil d’État et, de manière réciproque, une mission de travail du Conseil d’Etat français est venue en Colombie. À partir de cette mission, ils ont publié un livre appelé “La réforme au code contentieux administratif en Colombie”[1]. Pendant ses études à l’ENA, il a réalisé son stage au Commissariat à la Réforme de l’État. Il nous confie que ce fut une expérience très enrichissante car il a pu travailler sur des thèmes passionnants, au sein d’une équipe très qualifiée. Il nous explique qu’étudier à l’ENA lui a permis de renforcer sa connaissance de la méthodologie française, ainsi que sa capacité de rédaction et d’analyse. Par ailleurs, l’école lui a inculqué le sens du service public, lui qui a toujours souhaité travailler dans le secteur public.

Contact : wzambranoc@hotmail.com

- Juan Carlos RUIZ VASQUEZ -

Promotion Nelson MANDELA (1999 - 2001)

« L’ENA est une école de mérite et d’élite, où l’on apprend par la pratique.»

Juan Carlos Ruiz est aujourd’hui politologue, professeur titulaire à l’université El Rosario à Bogota en Colombie.

Ses études:

  • Lycée Français Louis Pasteur, Bogota, Colombie.
  • 1986 - 1994 : Master de Sciences Politiques à l’Université Los Andes, Bogota, Colombie.
  • 1994- 1997 : Master en Administration d’entreprise à l’université Laval, Québec, Canada.
  • 1999 - 2001 : Master en Administration Publique à l’ENA.
  • 2005 - 2009 : Doctorat en Sciences Politiques à Oxford, Angleterre.

Son parcours professionnel:

  • 2011 – 2015: Directeur du Master d’Études Politiques et Internationales à l’université El Rosario de Bogota, Colombie.
  • 2003 - 2005 : Directeur du Master en Sécurité et Défense de l’École Supérieure de Guerre de Colombie.
  • Depuis 1997, il est professeur dans plusieurs universités colombiennes : El Rosario, Los Andes, El Externado et La Javeriana. Ainsi que pour la: Universidad Nacional, Universidad del Norte, Universidad Autónoma de Bucaramanga, Universidad del Atlántico, Universidad Javeriana de Cali, ESAP et autres.
  • 1993 - 1994 : Conseiller du Ministre de la Défense colombien, Colombie.

Ce professeur a développé un intérêt particulier pour la France dès son plus jeune âge, puisque son père a réalisé un doctorat à Lille, en France. Juan Carlos Ruiz a réalisé sa scolarité au Lycée Français de Bogota. Il a découvert l’ENA par la voie d’Andrés Castro, président actuel de l’AEENA en Colombie. Il s’est donc intéressé de plus près à la réputation et à l’influence de l’école. Puis il a contacté l’Ambassade française en Colombie et a passé les concours d’entrée comme étudiant international. Il est parti étudier à l’ENA en 1999.

Son expérience à l’ENA :

Juan Carlos Ruiz considère que l’expérience la plus prégnante de sa formation à l’ENA fût son stage à la préfecture de Saint-Étienne. Ce stage de terrain lui a beaucoup appris sur la réalité de l’administration publique française et estime avoir pu appliquer ces savoirs par la suite en Colombie. De même, il relève que lors des cours, les notes administratives ont été un apprentissage très enrichissant pour la suite de sa carrière académique. Aujourd’hui encore, en tant que professeur d’université, il témoigne utiliser les méthodes et la rigueur apprises lors de son passage à l’ENA.

Lors de notre entretien avec le professeur Juan Carlos Ruiz, nous avons abordé le thème de la promotion de l’ENA en Colombie. Il nous a répété que les études d’administration publique en Colombie n’étaient pas perçues comme une option préparant à une carrière de prestige. En effet, plusieurs études ont démontré que les hauts fonctionnaires colombiens sont généralement diplômés des grandes universités privées du pays, avec des parcours axés sur le droit ou l’administration d’entreprise. En Colombie, l’administration publique est essentiellement enseignée à l’École Supérieure d’Administration Publique (ESAP), mais il est difficile de voir un équivalent de l’ENA dans l’ESAP. L’école colombienne offre plutôt une formation généraliste pour travailler dans la fonction publique. Les administrateurs publics qui y ont étudié occupent rarement des postes à hautes responsabilités.

Contact avec les énarques :

Du fait de sa carrière principalement académique, Juan Carlos Ruiz ne garde que très peu de contact avec les énarques. Cependant, il aimerait pouvoir faire venir quelques professeurs de l’ENA au sein de l’université dans laquelle il travaille pour promouvoir l’ENA et ainsi stimuler les échanges entre les deux académique et de la haute administration.

Contacts: juancarlosruizvasquez@gmail.com

- Rodrigo LARA RESTREPO -

Promotion René CASSIN (2001 - 2003)

L’ENA «est une extraordinaire école pour administrer et gouverner».

Actuellement, il est député à l’Assemblée Nationale pour le Partido Radical, élu pour la période 2014 - 2018.

Ses études :

  • Lycée français de Bogota jusqu’en 1984, Colombie.
  • 1985 - 2001 : études de Droit à l’université El Externado à Bogota, Colombie.
  • 1999 - 2000 : Échange inter-universitaire à Sciences Po Paris, France.
  • 2001 - 2003 : cycle long international à l’ENA.

Son parcours professionnel :

  • Depuis 2014 : Député à l’Assemblée Nationale pour le Partido Radical à Bogota, Colombie.
  • 2008 - 2010 : sénateur au Congrès de la République de Colombie.
  • Professeur à l’École Supérieure d’Administration Publique de Bogota, Colombie.
  • Directeur du Programme “Efficacité, Transparence et Lutte contre la Corruption” (“Eficiencia, Transparencia y Lucha contra la Corrupción de Colombia”), à Bogota, Colombie.
  • Conseiller auprès du Haut Conseiller Présidentiel pour l’Action Sociale en Colombie.
  • Conseiller pour le Ministère de l’Intérieur à Bogota, Colombie.
  • 2003 - 2005 : professeur et chercheur à l’université El Externado de Colombia, Bogota.

Rodrigo Lara Restrepo a appris le français dès son plus jeune âge au lycée français de Bogota. En 1984, son père, alors ministre de la justice, fut assassiné par les sicaires de Pablo Escobar alors qu’il menait une forte lutte contre le narcotrafic dans le pays. Suite à cela, Rodrigo Lara a dû fuir le pays avec sa famille. Il a alors continué ses études dans différents lycées français à l’étranger (en Suisse, en France et en Espagne). Après avoir obtenu son baccalauréat, il est retourné à Bogota en Colombie, où il a étudié le droit à l’université El Externado. Durant ses études, en 1999, il est parti un an en échange à Sciences-Po Paris, où il a validé un diplôme international d’études politiques avec l’idée d’étudier ensuite à l’ENA. Rodrigo Lara souhaitait étudier en Colombie car il avait toujours voulu faire de la politique dans son pays. Étudier le droit lui a ainsi permis, selon lui, de «se connecter aux réalités du pays» à travers l'apprentissage du cadre juridique colombien. Cependant, après s’être diplômé, il a passé le concours pour intégrer l’ENA. Durant ce processus, il a pu profiter du soutient d’anciens énarques colombiens, Juan Pablo Parra et Claudia Jiménez.

Son expérience à l’ENA :

Rodrigo Lara a intégré l’ENA en 2001. Il a d’abord commencé par un mois d’introduction à Strasbourg avec les autres étrangers de la promotion, laquelle incluait d’autres latinos. Puis il a commencé son stage à la préfecture de Châteauroux dans le département de l’Indre. Il nous a raconté qu’il souhaitait aller en Corse pour découvrir la politique anti-terroriste de la France mais son voeux lui a été refusé. Ce fût cependant une expérience très enrichissante. Il nous explique qu’il est difficile pour un étudiant de bien comprendre le sens du stage au départ, mais que cela est un apprentissage à part entière dans la formation obtenue au sein de l’ENA. Cela lui a permis de découvrir quelque chose qui n’existe pas en Colombie, le fonctionnement d’un État décentralisé sur son territoire. Il a ainsi pu analyser et comprendre la relation entre l’État central et l’État décentralisé, système qui fonctionne très peu en Colombie car il n’existe pas réellement d’agent de l’état central au sein du territoire. Il nous explique qu’en Colombie, c’est l’élu qui a le rôle de l’agent d’état, et donc que la logique politique a tendance à prendre le dessus. Cette double fonction du «gobernador» colombien provoque certains problèmes de présence et de coordination de l’État central sur son territoire. «Grâce au stage tu peux comprendre le fonctionnement du l’État. Tu n’obtiendrais jamais une lecture systématique et détaillée de tous ces détails subtiles du fonctionnement administratif d’un état sans réaliser ce stage».

Suite à son stage, il est retourné à Strasbourg où il a retrouvé l’ensemble de la promotion et commencé les cours. C’est à partir de là qu’il a commencé à développer des amitiés et une vie sociale nouvelle. Il garde aujourd’hui de bonnes relations d’amitié avec une partie de ses camarades français et étrangers de l’époque. Il nous raconte que ses points faibles furent les politiques publiques et la comptabilité, mais qu’il garde un très bon souvenir des travaux de dossiers pour lequel il fallait travailler la totalité d’un sujet réel que doit traiter l’État. Cela permet de «regarder de l’intérieur comment fonctionne un État».

Après l’ENA:

Après l’ENA il est retourné en Colombie où il est devenu professeur de droit à l’université El Externado à Bogota. Mais il ne souhaitait pas faire une carrière académique et donc après trois années d’enseignement, il commençât sa carrière politique. Il a d’abord était directeur du programme d'efficacité, de transparence et de lutte contre la corruption (Programma de Eficiencie, Transparencia y Luch contra la Corrupción de Colombia) au sein du gouvernement colombien. Puis en 2006, il fût candidat pour le poste de sénateur avec le partido Cambio Radical. Bien qu’il ait obtenu presque dix-sept milles votes, il n’a pas obtenu le poste. Plus tard, en 2008, il a intégré le sénat comme remplaçant du sénateur Germán Vargas Lleras. Rodrigo Lara fût également membre de la commission secondaire pour l’enquête sur la vérité des crimes des paramilitaires extradés aux États-Unis (Comisión accidental para la averiguación de la verdad de los crímenes de los paramilitaires extraditados a EE.UU). En 2011, après un échec politique suspicieux, il décide de se retirer un temps de la politique et il est nommé président d’une entreprise de téléphonie mobile (Asomóvil), poste qu’il a occupé jusqu’en 2013. Puis en 2014 est revenu sur la scène politique colombienne, il est aujourd’hui sénateur à la chambre des représentants comme tête de liste de son parti, Cambio Radical, jusqu’en 2018.

Il nous explique que dans les différents postes qu’il a occupé, il a pu faire usage de son apprentissage à l’ENA. En particulier en créant des lois et des projets inspirés du modèle français, dont il a pu acquérir un profond apprentissage grâce à son passage à l’ENA. Il est très satisfait de sa formation à l’ENA car il la considère comme solide, en terme d’application et de connaissance du fonctionnement d’un État.

Contact avec les énarques:

Il a gardé surtout des relations d’amitiés avec ses anciens camarades, ils se rencontrent de temps en temps en France, en Colombie ou ailleurs. En Colombie, il a travaillé avec Jaime Castro et connaît les autres énarques déjà mentionnés qui sont Juan Pablo Parra et Claudia Jiménez, mais il n’a pas eu l’occasion de les fréquenter professionnellement. Il espère cependant qu’à l’avenir il aura l’occasion de travailler avec d’autres énarques.

Contact : lararod@hotmail.com

- Claudio Mario GALÁN PACHÓN -

Promotion Romain GARY (cycle long, 2003 - 2004)

L’ENA c’est «une grande expérience. C’est une porte d’entrée privilégiée pour connaître l’intimité de l’État français, connaître son fonctionnement depuis l’intérieur.»

Claudio Galán est aujourd’hui Consul Général de Colombie à Paris.

Ses études :

  • Master en Relations Internationales de l’École des hautes études internationales et politiques (HEIP-HEP) de Paris, France.
  • DEA en Sciences Politiques à l’université de la Sorbonne – Nouvelle Paris III, France.
  • 2003 – 2005: Cycle long à l’École Nationale d’Administration (ENA), France.

Son parcours professionnel :

  • Depuis 2014 : Consul général de Colombie en France.
  • 2012 -2014: Directeur de Justice, Sécurité et Gouvernement du Département National de Planification de Colombie.
  • 2011 : Conseiller politique de l’Ambassade de Colombie et représentant auprès de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), de la Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International (CNUDMI) et pour la Commission pour l’Utilisation Ultra-terrestre à des fins Pacifiques (COPUOS) à Vienne, Autriche.
  • 2008 – 2011: Secrétaire de Planification Départementale de Cundinamarca, Colombie.
  • Professeur de Sciences Politiques à l’Université Javeriana à Bogota, Colombie.
  • Maire de Soacha, Colombie.
  • Directeur de l’Institut de Culture et Tourisme de Cundinamarca, Colombie.
  • 2001 : Conseiller pour le programme sur les réformes politiques en Amérique Latine pour la Banque Interaméricaine de Développement à Washington, États-Unis.

Claudio Galán est arrivé en France alors qu’il était encore enfant en 1989, après un drame familial qui l'obligeât à quitter la Colombie. Il est donc arrivé en classe de 3ème, puis a étudié au lycée espagnol de Paris et a réalisé ses études universitaires en France. Après avoir soutenu sa thèse en 2001, il est allé travailler à Washington pour la Banque Interaméricaine de Développement (BID) sur un projet de réformes politiques en Amérique Latine. Il est ensuite revenu un temps en Colombie, où il a commencé une carrière publique, et c’est à cette époque là que lui est parvenu une convocation de l’Ambassade de France pour postuler au concours d’entrée de l’ENA. Cela lui a parût une excellente opportunité dont laquelle il voulait profiter puisqu’il connaissait l’école et savait que se serait un apprentissage utile pour travailler dans le secteur public. Il connaissait bien sûr la réputation de l’école ainsi que plusieurs énarques colombiens. C’est ainsi qu’en 2003 il intègre l’ENA en cycle long.

Son expérience à l’ENA :

Pendant sa formation, il a réalisé son stage à la préfecture de Mâcon, en Saône-et-Loire, pendant lequel il a pu travailler sur différents thèmes comme l’analyse des outils de lutte contre la criminalité, le débat pour l’avenir de l’école ou encore visiter plusieurs institutions publiques. Aborder ces thèmes lui a ensuite beaucoup servi lorsqu’il est retourné en Colombie et a travaillé avec le département de planification territoriale (DNP). Suite à son stage, il est parti étudier à Strasbourg. Lors de ces mois de cours, il a également pu élargir ses connaissances sur l’administration territoriale. Il nous raconte que lors de son arrivée à Strasbourg, il a eu l’impression d’arriver dans un autre pays, car c’est une ville bien plus petite que Paris et la culture y est différente. Mais ce fut un séjour qui lui paru très agréable, où se développait un environnement de proximité entre les étudiants.

Après l’ENA :

Lorsqu’il revient en Colombie, il commence une carrière académique à l’université de La Javeriana à Bogota et un peu de temps plus tard il intègre le Ministère Public (Procuraduría) pour un an et demi. Par la suite, il est appelé par le gouverneur de la région de Cundinamarca, Andrés Gonzalez, pour travailler avec lui, d’abord sur des thèmes de coopération internationale puis comme secrétaire de planification. À ce poste, il a beaucoup utilisé les connaissances et le langage administratif acquis lors de sa formation à l’ENA. Il a également pu développer et adapter quelques modèles français à la Colombie, comme par exemple les contrats-plan ou la politique d’intercommunalité. Il a également utilisé ces mêmes modèles, lors de sa fonction au sein du Département National de Planification (DNP), quelques temps après. Suite à cela, il est parti à Vienne et a travaillé pour l’ambassade de Colombie ainsi que pour différents organes de l’ONU. Finalement, en 2014, il a été nommé Consul de Colombie à Paris, grâce à sa francophilie, ses compétences et sa connaissance des institutions françaises.

L’ENA est une école qu’il recommanderait mais en précisant que c’est une école d’application qui plus que tout apporte une expérience. C’est une marque de qualité pour ce que l’école représente et par son cycle de sélection.

Contact avec les énarques :

Il a participé à la célébration des dix ans de sa promotion, cérémonie à laquelle ont participé nombreux de ses camarades de l’époque. De plus, avant d’intégrer l’école il connaissait plusieurs énarques colombiens avec lesquels il est toujours en contact occasionnellement. Pour finir, étant diplomate en France, il déclare fréquenter régulièrement des énarques dans le cadre professionnel.

Contact : claudiogalan@gmail.com

- Álvaro RAMIREZ BONILLA -

Promotion 2010, cycle court international.

L’ENA “est un rite d’initiation pour la haute fonction publique”.

Álvaro Ramirez est aujourd’hui directeur du cabinet d’avocat de B&R Latin America et vit aux États-Unis.

Ses études :

  • 1980 - 1995 : Lycée français de Bogota, Colombie.
  • 1995 - 2002 : Études de Droit à l’université Los Andes de Bogota, Colombie.
  • 1997 - 1998 : Échange universitaire à Strasbourg III, France.
  • 2008 - 2009 : Cycle court international à l’ENA, France.

Son parcours professionnel :

  • Depuis 1999 : directeur de son propre cabinet d’avocat, B&R Latin America, d’abord à Bogota en Colombie puis aux États-Unis.
  • Professeur dans plusieurs universités colombiennes.
  • 2003 : directeur de l’Association d’Anciens Élèves de la ENA en Colombie (AEENA).

Alvaro Ramirez a appris le français au lycée français de Bogota. En 1997, il est allé en France pour faire un échange universitaire d’un an à Strasbourg, pendant qu’il étudiait le droit à l’université de Los Andes à Bogota. À son retour, avant même d’être diplômé, il ouvre son propre cabinet d’avocat dans la capitale colombienne. En 2003, suite à certains problèmes gestion de l’AEENA-Colombie et sur recommandations du conseiller politique de l’ambassade française, il prend la direction de l’association des anciens élèves de la ENA en Colombie, alors qu’il n’y avait pas encore étudié. C’est en 2008 qu’il a décidé de passer le concours d’entrée en cycle court à l’ENA. Il a voulu étudier à l’ENA car «il voulait s’essayer à la vie publique». Durant ses études à l’université, il avait réalisé un stage au Ministère des Affaires Étrangères et au Ministère du Commerce de Colombie, ce qui lui avait donné goût au service public.

Son expérience à l’ENA :

En 2008, il commence ses études à l’ENA à Strasbourg. Dans sa promotion, il y avait un autre colombien, Alberto Arciniegas lequel a fait le cycle long. Alvaro Ramirez a fait son stage auprès d’UbiFrance et aujourd’hui encore il est resté en contact avec le directeur général. Selon lui, étudier à l’ENA fut une expérience très enrichissante qui lui a appris “ce qu’il faut faire et ne pas faire”. Cependant le modèle de l’administration française lui a paru être un système complexe et lourd. Lors de ses études, il a acquis le sens du service public et de la responsabilité. Il a appris à se reconnaître comme faisant partie d’une certaine élite dirigeante et ainsi accepter les responsabilités que cela implique. Après ses études à l’ENA, il a obtenu un visa de compétence et talent pour trois ans. Il souhaitait développer une nouvelle branche de son cabinet en France ou bien entrer dans la fonction publique française. Malheureusement ce fut impossible jusqu’à aujourd’hui. C’est pour cela, qu’en 2011, il est parti s’installer à Miami, aux États-Unis, où il a pu rapidement développer une nouvelle branche de son cabinet d’avocat. Il reste toutefois en contact avec l’administration française et espère un jour obtenir la nationalité afin de pouvoir travailler dans le secteur public et ainsi profiter de sa position d’énarque.

Il a toujours était attiré par l’administration publique française mais en revanche ne souhaite pas intégrer l’administration colombienne, laquelle souffre selon lui d’un «État en crise».

Contact avec les énarques :

Alvaro Ramirez a toujours été en contact avec les énarques colombiens, du fait qu’il a été directeur de l’association des anciens élèves de Colombie. De manière plus générale il garde aussi de nombreux contacts avec ceux de sa promotion. De son passage à l’ENA, il a gardé des amitiés fortes et un fort réseau professionnel.

Contact : alvaro@brlatina.com

- Andrea del Pilar ALFONSO RODRÍGUEZ -

Promotion George ORWELL (cycle long, 2014 - 2015)

L’ENA est : « une école d’application qui enseigne le fonctionnement et la mise en place des politiques publiques sur le terrain et ce qui est le symbole de la fonction publique ».

Andrea Alfonso est actuellement étudiante à l’ENA dans le cycle international long, elle est Troisième Secrétaire des Relations Extérieures du gouvernement colombien, chargée des affaires culturelles.

Ses études :

  • 1990 - 2004 : Lycée Français Louis Pasteur, Bogota, Colombie.
  • 2004 - 2009 : Relations Internationales à l’Université El Rosario, Bogota, Colombie.
  • 2009 - 2011 : Spécialisation en Économie à l’Université Los Andes, Bogota, Colombie.
  • Depuis 2014 : Master en Communication pour les Entités Publiques à l’École de l’Information et de la Communication (CELSA) de l’université Paris IV, France.
  • Depuis 2014 : Master en Administration Publique à l’ENA.

Son parcours professionnel :

  • 2014 : Coordinatrice d’Action Culturelle pour le Ministère des Relations Extérieures de Colombie.
  • 2013 - 2014 : Conseillère pour la direction des Affaires Culturelles du Ministère des Relations Extérieures de Colombie.
  • 2012 : Conseillère du ministre des Relations Extérieures de Colombie pour le VIème sommet des Amériques.
  • 2011 - 2014 : Professeur pour la Chaire de Politique Extérieure de l’université El Rosario à Bogota, Colombie.
  • 2010 - 2011 : Assistante de projet pour le Goethe Institut à Bogota, Colombie.

Andrea a appris le français dès son plus jeune âge, avant d’apprendre l’espagnol. Ses parents travaillaient pour une entreprise française en Colombie qui disposait d’une école maternelle française. Elle a ensuite étudié au lycée français de Bogota, puis elle est entrée à l’université El Rosario avec une bourse au mérite. Durant ces études, elle est partie faire un stage à Berlin. Elle a obtenu son diplôme en relations internationales en 2009. Suite à son expérience en Allemagne, elle a travaillé pour l’institut allemand Goethe de Bogota durant deux ans. Elle a ensuite travaillé pour le ministère des relations extérieures comme conseillère pour le VIème sommet des Amériques à Carthagène en Colombie. Dans la continuité de cette expérience, elle est entrée à l’Académie Diplomatique afin de passer le concours pour devenir diplomate. Une fois avoir réussi cet examen, elle a intégré le ministère des relations étrangères comme Troisième secrétaire à la direction des affaires culturelles, en mars 2013. Peu avant de partir étudier à l’ENA, elle a été nommée par la Cancillería coordinatrice du “Plan de promotion de Colombie à l’extérieur”, pour le service d’action culturelle.

Alors qu’elle avait commencé sa vie professionnelle et qu’elle ne souhaitait pas continuer des études, elle s’est tout de même décidée à intégrer l’ENA d’après les recommandations de Duvan Ocampo et de l’Académie Diplomatique. Elle est arrivée à Strasbourg en décembre 2014. “Pour moi, étudier à l’ENA n’est pas seulement le résultat d’un effort que j’ai fait en étudiant, c’est le point d’orgue de ma formation universitaire” raconte Andrea Alfonso.

Son expérience à l’ENA :

Après avoir réaliser un premier stage à l’Institut français de Londres de février à mai 2015, elle est actuellement en stage à la préfecture départementale de l’Ain, à Bourg-en-Bresse. Ce stage en Préfecture est selon elle, «la meilleure partie de la formation. À travers des cas très pratiques, on apprend le vocabulaire et le fonctionnement de la machine administrative si complexe qu’est une préfecture départementale. De plus, il est très intéressant d’observer la présence de l’État au niveau local. L’appareil étatique décentralisé de la France étant très lourd en comparaison avec celui de la Colombie». À la différence de son premier stage à Londres, elle apprend beaucoup au quotidien, elle ignorait par exemple beaucoup de choses dans la mise en place des politiques publiques en France.

Contact avec les énarques :

Grâce à l’ENA, elle a pu développer un réseau professionnel qu’elle n’aurait pas pu obtenir aussi rapidement sans l’école, elle a rencontré divers diplomates du monde entier ainsi que de futurs hauts fonctionnaires français. Avant de partir étudier à l’ENA, elle connaissait déjà quelques énarques colombiens : Duvan et Maria Ocampo, Catalina Mahecha, Jaime Castro. A Paris, elle a rencontré Claudio Galán qui est l’actuel Consul Général de la Colombie en France. En sortant de l’école, elle compte intégrer l’Association des anciens élèves de Colombie car elle estime “qu’il est important de maintenir le réseau, il y a peu d’énarques et il faut en profiter”.

- Promotion Orwell de l’ENA, 2015 -


Contact : andreaalfonso84@gmail.com

 

SALAS ANGULO Miguel

 

Promotion Marcel PROUST (Cycle long, 1966 - 1967)

L’ENA est «simplement exceptionnelle pour la formation des hauts fonctionnaires».

Aujourd’hui, il est consultant en gestion pour l’Agence Canadienne de Développement, Canada.

Ses études :

  • Première promotion de la Faculté de Sciences Politiques et Administratives de l’ESAP, Bogota, Colombie.
  • Master en Macro-économie à l’université de Waterloo, Canada.
  • PhD en Sciences Politiques à l’université Carlton, Canada.

Son parcours professionnel:

  • Conseiller de la direction de l’IDEAM, Colombie.
  • Coordinateur du programme de l’Organisation Météorologique Mondiale sur le climat Ibéro-américain.

Son expérienceà l’ENA:

Après avoir appris le français à l’Alliance française et de manière autodidacte par des lectures, Miguel Salas a fait parti du premier groupe d’élève de la ESAP à profiter de l’accord de coopération ESAP - ENA et à partir en échange à Paris. Il nous raconte qu’«étudier à l’ENA a été la réalisation d’un rêve».

GONZALEZ CANON Raul

 

Promotion Thomas MORE (Cycle long, 1968 – 1969)

«Je définirais l’ENA comme une institution française de haut niveau de formation pour les fonctionnaires de l’État, qui inculque à ses élèves le sens de l’État et leur fait comprendre les responsabilités du fonctionnaire public, le tout encadré par un sens humaniste motivant ses actions.»

Ses études:

  • Licence en Sciences Politiques et Administratives à l’ESAP, Bogota, Colombie.

Son expérience à l’ENA:

Lorsqu’il était étudiant à l’ESAP, il a assisté à plusieurs présentations de l’école française réalisées par Guillermo Nannetti Concha (directeur de l’ESAP) et Jaime Castro (doyen de la Faculté d’administration). Lors de ces conférences, ils expliquaient la haute qualité des études de l’école française et la possibilité de candidater à la bourse que proposait le gouvernement français dans le cadre du développement de la convention de coopération technique entre les deux écoles.

Raul Gonzalez nous explique que ses études à l’ENA ont influencé sa carrière professionnelle en renforçant son sens du service pour la société et en lui apportant de meilleurs instruments d’analyse de l’environnement politique et social de la Colombie.

- Photographie: lors d’une présentation pour la Organisation Internationale du Travail -

Contact: ralgonzal@hotmail.com

JIMENEZ-BERGON Claudia

Promotion Victor SCHOELCHER (Cycle long, 1995 – 1996)

L’ENA est «une école de vision globale, interdisciplinaire (dans le cadre de l’administration publique) et de formation des élites du pouvoir, dont l’objectif est de développer une méthodologie d’application à base de cas réels».

Aujourd’hui, elle est directrice générale du Cabinet Conseil en Droit Économique et Institutionnel JIMÉNEZ & ASOCIADOS S.A.S.

Ses études:

  • Licenciée en Droit et Sciences Politique de l’université Pontificia Bolivariana, Medellin, Colombie.
  • Spécialisation (D.S.U.) en Droit Administratif et Master (D.E.A.) en Droit Public interne à l’université de Paris II, France.

Son parcours professionnel:

  • Ministre conseillère du Président de la République de Colombie.
  • Ambassadrice de la Colombie en Suisse.
  • Professeure en Droit économique, Droit de la sécurité sociale, Droit du transport à l’université El Externado de Colombia.
  • Directrice du Programme Présidentiel de Rénovation de l’Administration Publique (DNP) en Colombie.
  • Membre adhérent de l’Institut Colombien de Droit Fiscal, Colombie.

Son expérienceà l’ENA:

Elle a fait partie de la deuxième promotion à étudier à Strasbourg et raconte que ce fut une expérience très agréable et positive. Elle a réalisé le cycle long international avec plus de vingt nationalités, ce qui fut très enrichissant. Aujourd’hui, elle conserve et utilise la méthodologie apprise à l’ENA dans l’exercice de ses fonctions. Elle rajoute que « le faitd’avoir partagé ma scolarité avec les étudiants français a été fondamental».

- Promotion Victor Schoelcher, 1996 -

Contacts: cjimenez@jimenezyasociados.com

RODRIGUEZ-RAGA Maria Clara

 

Promotion CONCORDE (cycle court 1999)

«L'ENA est une école de l'apprentissage par la pratique, bien adaptée aux fonctionnaires qui veulent en apprendre davantage sur l'administration française.»

Aujourd’hui, elle est consultante en Développement Rural Durable à Bogota.

Ses études:

  • Lycée français de Bogota, Colombie.
  • 1988 – 1989: diplôme de spécialisation en Politique Économique à l’Institut International d’Administration Publique (IIAP) de Paris, France.
  • 1988 – 1989: D.E.S.S. en Régulation Économique et Politique de Développement à l’Institut d’Étude le Développement Économique et Social, France.
  • Ingénierie industrielle à l’université Los Andes, Bogota, Colombie.
  • Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées à Paris, France.
  • Institut International d’Administration Publique de Paris, France.

Son expérience à l’ENA:

Elle retient de ses études à l’ENA les nombreuses visites des institutions, les conférences des hauts fonctionnaires et le contact avec l’ensemble des étudiants. Pour les séminaires suivis à l’ENA, elle retient la rigueur de l’enseignement français et l’organisation de l’État. Elle reconnaît que même si l’école est peu connue en Colombie, cette expérience a été souvent valorisée auprès de ses contacts internationaux. Elle nous raconte qu’en 1998, elle vivait à Paris avec ses deux enfants et que c’est une époque qu’elle se remémore avec plaisir et nostalgie.

- Maria Clara Rodriguez et sa famille à Paris - - Maria Clara le jour de la remise de diplôme de la ENA, 1999 -

Contact: mcrodriguezraga@gmail.com

SANCHEZ Gabriel

 

Promotion COPERNIC (Cycle long, 2001 – 2002)

«L’ENA est une école qui identifie les personnes avec des capacités et des qualités pour occuper les hautes fonctions publiques et les forme aux techniques de l’administration française. Si l’école traite des thèmes de fond comme à l’université, son objectif principal n’est pas celui ci sinon celui de former aux aspects techniques de l’administration (synthèse, écriture, communication, négociation, allocution, management, …)»

Aujourd’hui, il travaille pour le secteur public àIneum Consulting Conseil, France.

Ses études:

  • Droit et Relations Internationales, Bogota, Colombie.

Son expérience à l’ENA:

Son expérience pendant le stage dans une préfecture lui a permis d’affronter directement les problématiques auxquelles doivent faire face un haut fonctionnaire français dans la province. Avant d’intégrer l’ENA, il travaillait en Colombie et le diplôme lui a ouvert les portes du marché du travail français. C’est ainsi que depuis 13 ans il travaille en France. À l’ENA, il a appris à synthétiser les problématiques et à toujours garder une perspective globale face à celle-ci. Ce sont les deux aspects qui lui ont beaucoup servi dans le domaine professionnel.

Contact: gssanchez@ineum.com, gasanar@yahoo.com

ROMERO AMAYA María Claudia

 

Cycle international d’administration publique (2008)

«L'ENA est une école qui permet de comprendre la dynamique politique aux niveaux international, national, régional et local; ainsi que les formes d'action du secteur public. »

Depuis 2000, elle est maître de conférences, à l’université Externado de Colombia à Bogota, pour la Faculté de Finances, Gouvernement et Relations Internationales. Depuis 2013, elle est directrice du master de Responsabilité Social et Soutenabilité de la même université.

Ses études :

  • 2015: Master en Gouvernement et Politiques Publiques à l’université El Externado de Colombia.
  • 2008: Cycle International d’Administration Publique à l’ENA
  • 2001 – 2002: DESS en Gouvernement et gestion de politique publique. Université El Externado de Colombia (en partenariat avec l’Université Columbia, New York, Etats-Unis), Colombie.
  • 1992 – 1997: Maîtrise de Finances et de Relations Internationales à l’université El Externado de Colombia.

Son parcours professionnel:

  • 2013 – 2014: Consultante pour le Département de la Prospérité Social pour la Présidence de la République de Colombie.
  • Depuis Avril 2005 : Consultante responsable d’une étude sur le développement et les institutions en Colombie au sein de l’université Complutense de Madrid et la Banque Interaméricaine de Développement, Espagne.
  • Novembre 2005 – janvier 2007 : Unité Administrative Spéciale des Services Publiques de la Mairie de Bogotá, Directrice du programme de recyclage départemental, Colombie.
  • Octobre 2002 – janvier 2003: directrice-adjointe du Bureau de Coopération Internationale du Conseil Régional de Cundinamarca, Colombie.
  • Mai 1998 – avril 2000: Consultante pour la direction nationale des arts pour le Ministère de la Culture, Colombie.
  • Février 1997 – décembre 1997: Consultante administrative et financière pour le projet Modernisation de la justice au sein du Ministère de la Justice, Colombie.

Son expérience à l’ENA:

«Mon intérêt personnel et professionnel a été de contribuer au développement de mon pays à partir de la fonction publique et depuis la sphère académique. L'ENA m'a offert l'opportunité de me lier à une école visant directement à ces fins, avec le soutien et la force du système politique et éducatif français, à laquelle j’attache une grande valeur. En outre, j’ai été immergée dans la culture française, pour laquelle je me suis toujours senti particulièrement liée.»

Elle nous explique que les connaissances acquises en politiques publiques et relations internationales ont renforcé sa formation. Mais aussi qu’elle a adopté la méthodologie apprise en France pour enseigner aujourd’hui en Colombie. Par ailleurs, cela lui a permis dorénavant de pouvoir maintenir des positions claires et argumentées sur les sujets sur lesquels elle travaille. Elle définit que les liens entre la Colombie et la France «ont été caractérisés par une relation étroite dans la vie culturelle. Les relations commerciales et politiques ont été renforcées au cours des dernières années. La relation entre la Colombie et la France doit être animée par les bénéfices mutuels qui peuvent être acquis».

Contact: maria.romeroa@uexternado.edu.co, mariacro@yahoo.com

DIAZ PERILLA Viviana Esned

 

Cycle court (2008)

«L’ENA est une grande école et une grande expérience de vie.»

Aujourd’hui, elle est coordinatrice pédagogique de l’université Del Rosario à Bogota, Colombie.

Ses études:

  • Droit à l’université El Externado de Colombia.
  • Droit administratif à l’université Paris II, France.

Son expérience à l’ENA:

Après avoir étudié le français à l’Alliance française, elle est allée étudier en France. Elle a ensuite voulu étudier à l’ENA pour sa grande réputation et pour l’intérêt particulier qu’elle a pour les sujets liés à l’administration publique. Lors de ses études à l’ENA, Viviana a eu l’opportunité de connaître des personnes d’origines et de formations très différentes, ainsi que des personnes avec une expérience professionnelle de poste à hautes responsabilités. L’école lui a donc permit de construire un réseau professionnel international d’experts dans divers domaines.

Contact: diaz_viviana@hotmail.com

MORENO GUTIERREZ Juan Carlos

 

Promotion Émile ZOLA (Cycle long, 2009 – 2010)

«L'ENA est une bonne école de formation qui prépare à des fonctions spécifiques au monde professionnel.»

Aujourd’hui, il est second secrétaire pour la Mission permanente des Nations-Unies à Genève.

Ses études :

  • Master en France.
  • Lycée français de Bogota, Colombie.

Son parcours professionnel:

- Conseiller pour le Ministère des Affaires Étrangères de Colombie, à la direction de Coopération Internationale des Affaires Multilatérales et Humanitaires, France.

Son expérience à l’ENA:

Il a réalisé deux stages lors de ses études à l’ENA. Un au ministère de l’Éducation Nationale et un autre dans la préfecture de l’Eure.

Contact: juan.moreno@cancilleria.gov.co

MAHECHA CRUZ Catalina

 

Promotion Jean De La FONTAINE (Cycle long, 2013 – 2014)

Aujourd’hui, elle est consultante pour le Programme Présidentiel d’Action Contre les Mines Anti-personnel (Programa Presidencial de Acción Integral contra Minas Antipersonal - PAICMA), spécialisée sur la prévention et l’attention aux communautés afro-descendantes et les enfants et adolescents.

Ses études:

  • Lycée Français de Bogota, Colombie.
  • Diplômée d’un master en Sciences Politiques de l’université de los Andes en Bogota, Colombie.

Son expérience à l’ENA:

Elle a réalisé son stage à la préfecture d’Ardèche et cela lui a parut très intéressant de vivre la gestion interne d'un cabinet. Elle déclare avoir pu développer sa capacité à penser à plusieurs thèmes, et avoir appris la méthodologie pour les aborder tous en même temps, laquelle est fondamentale. Elle nous raconte également que «l'organisation, la façon de faire des réunions et de prendre les décisions appropriées à la fin, a été un grand plus ».

- Photographie: Catalina Mahecha et le préfet d’Ardèche lors de la fête de départ de la stagiaire -

Contact : catalina.mahecha.c@gmail.com